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    Sion: mieux comprendre "Veritatis Splendor" (070294)

    Conférence de Marcel Clément, éditeur de "L’Homme nouveau"

    Sion, 7février(APIC) Quelque 300 personnes se sont retrouvées dimanche à

    la salle du Sacré-Coeur à Sion pour étudier la dernière encyclique de Jean

    Paul II "Veritatis Splendor". Dans ce but l’Association des retraitants paroissiaux (ARP), mouvement organisateur, avaient fait appel à Maurice Clément, professeur de philosophie et éditeur du bimensuel français "L’Homme

    Nouveau", une revue qui annonce franchement sa couleur traditionaliste et

    qui ne fait pas l’unanimité au sein du catholicisme français. Le conférencier parisien a développé, les grands axes du document pontifical que sont

    les rapports entre vérité et liberté, morale révélée et loi naturelle.

    Marcel Clément, connu pour être un farouche défenseur de la doctrine

    catholique traditionnelle et partisan intransigeant de l’infaillibilité papale, a d’abord expliqué aux participants les raisons principales qui motivent le document de Jean Paul II : aujourd’hui les progrès de la science

    posent des questions morales nouvelles non résolues dans l’Evangile. Depuis

    une trentaine d’années, l’Eglise voit naître en son sein des courants théologiques divers et contradictoires. Si l’enseignement de l’Eglise ne varie

    pas, il doit être proclamé de façon à être compris par les gens auxquels

    s’adresse, d’où la nécessité d’une reformulation tenant compte de la culture ambiante.

    Le conférencier, qui estime que le chrétien actuel "vit dans une culture

    où Dieu est absent", souhaite que le chrétien affirme la splendeur de la

    vérité contre l’opinion qui voudrait un Dieu "intellectuellement et scientifiquement impuissant" ou contre un "Dieu ressenti comme intolérable dans

    ses exigences". Marcel Clément pense aussi que le chrétien doit défendre

    l’existence de la loi naturelle face aux remises en cause dues aux progrès

    techniques en génétique.

    Après avoir montré que la liberté chrétienne est un chemin en quatre

    étapes qui constitue la première partie de l’encyclique entre Jésus et le

    jeune homme riche: se tourner vers Dieu, observer les commandements; pratiquer les Béatitudes et suivre Jésus, le philosophe s’élève contre le fait

    que la voix du pape en est réduite aujourd’hui à n’être qu’une voix parmi

    d’autres. Marcel Clément a affirmé avec force sa manière de voir l’autorité

    pontificale. Il faut, selon lui, la considérer non seulement en matière de

    morale révélée, mais aussi en matière de morale naturelle "en vertu d’une

    assistance spéciale de l’Esprit-Saint". Il en déduit aussi que la loi naturelle est nécessaire à l’homme dans les questions non résolues par le texte

    évangélique.

    Pourquoi "Veritatis Splendor" est-il si contestée ?, s’est encore demandé Marcel Clément. Parce que, réaffirmant que "le bien est le bien et que

    le mal est le mal", elle heurte notre refus de nous reconnaître pécheurs et

    notre désir d’une morale qui justifie. Mais "le dernier mot, c’est celui du

    pardon", a affirmé le professeur français, car le pape le dit clairement

    dans l’encyclique, "aucun péché de l’homme ne peut annuler la miséricorde

    de Dieu". (apic/id/ba)

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