Publication de "Sentiers pastoraux"
Sion, 10 mars (APIC) "En ma douzième année d’épiscopat, un quart de siècle
après Vatican II, à l’approche du tournant de l’an 2’000, dans une société
aux mutations si rapides que les enfants tiennent pour légendes les expériences de vie de leurs propres parents... il m’a paru bon de marquer ici
une étape et de faire le point". Ainsi s’exprime Mgr Henri Schwery, évêque
de Sion, dans son dernier ouvrage, "Sentiers pastoraux", qu’il présentait
vendredi à la presse. A cette occasion, l’ancien président de la Conférence
des évêques suisses, qui a retrouvé la forme, a démenti les rumeurs de démission colportées par la presse. Il a également déploré la "médiatisation
très bien orchestrée" de la Déclaration de Cologne, tout reconnaissant que
les théologiens signataires posent de bonnes questions.
Mgr Schwery a été élu évêque le 22 juillet 1977, et après onze ans
d’épiscopat, il a tenu à faire le point des options pastorales diocésaines.
"Depuis ce jour ou la Grâce de Dieu m’a mis en mains un bâton de pèlerin
appelé ’crosse’, depuis que j’essaie d’en saisir toute la portée de symbole
et d’appel, quel émerveillement!", écrit l’évêque du diocèse de Sion, "le
seul qui s’impose avec netteté au centre de l’Europe sur les photos-satellites". Un diocèse qu’il aime, "le plus beau que je connaisse", écrit-il.
Dans une première partie, intitulée "De la Foi à l’Action", Mgr Schwery
se livre à une réflexion théologique et spirituelle, ou il insiste surtout,
dans un monde qui vit trop d’habitudes, sur la nouveauté de Jésus-Christ,
la nouveauté du sacerdoce, la nouveauté de l’Evangile, dans le Christ Pasteur.
Dans la deuxième partie, intitulée "Projets et Options", l’évêque présente son diocèse, cette "portion" du peuple de Dieu qui lui est confiée. A
l’aide de cartes dessinées de sa main, il en présente les décanats et les
secteurs et rappelle ensuite les options pastorales prises ces onze dernières années. Au cours de sa conférence de presse, Mgr Schwery a d’ailleurs relevé que ces options diocésaines - "non pas par hasard, mais par
preuve que nous vivons dans l’unité" - se retrouvent dans le récent document du pape sur les laïcs.
Si le ton de l’évêque se veut optimiste, le livre est cependant réaliste. Il insiste sur la nécessité de la pastorale de secteur et l’engagement
des laïcs. C’est que la crise des vocations est sérieuse, et il faudra 20
ans pour la surmonter. "Soyons réalistes, déclare l’évêque de Sion, en douze ans d’épiscopat, il y a eu 22 ordinations sacerdotales et 69 départs".
Ainsi, même si le séminaire diocésain est plein, ce n’est pas le moment
pour les laïcs de se démobiliser.
Déclaration de Cologne : de bonnes questions mal posées
"Le manifeste des théologiens de Cologne, regrette l’évêque de Sion, a
en tout cas un aspect qui me fait mal, c’est le fait que des professeurs de
théologie - qui sont mandatés par les évêques pour participer à ce que l’on
appelle le magistère de l’Eglise - au lieu d’en parler à leurs évêques et
au pape, s’adressent à la presse et c’est par la presse que le pape apprend
que ces théologiens aimeraient le dialogue..."
Mgr Schwery déplore le tapage médiatique qui a été fait autour de cette
Déclaration, tout en admettant qu’il y a de bonnes questions posées à cette
occasion. Il estime de plus qu’il est assez logique et normal que dans
l’Eglise il y ait des tensions entre les théologiens et le magistère des
évêques, mais cela devrait aboutir à un dialogue.
Une charge exténuante
Au sujet des rumeurs de démission, l’évêque de Sion a affirmé avoir eu
"un coup de pompe" et être encore assez fatigué. Il a expliqué sa fatigue
par la situation de son diocèse, qui, bien qu’étant l’un des plus petits de
Suisse, est l’un des plus compliqués, notamment à cause du bilinguisme qui
doit être pratiqué en permanence. D’autre part, six ans de présidence de la
Conférence des évêques suisses représente également une charge exténuante.
Mais, tient-il à souligner, il n’a jamais parlé de démission ni avec le pape ni avec ses collaborateurs.
Depuis ses deux mois de repos, il a repris un rythme de travail soutenu,
notamment avec les visites pastorales en paroisse. Quant au schisme d’Ecône, Mgr Schwery affirme que c’est une affaire de l’Eglise l’universelle et
qu’il n’a plus de problèmes dans le diocèse pour le moment. Reste la
souffrance causée par le fait que des gens ont quitté la communion de
l’Eglise.
Pas de demande pour les messes en latin
Si au niveau suisse, trois prêtres traditionalistes ont demandé d’être
réintégrés dans l’Eglise catholique, aucune demande n’a été faite dans le
diocèse. Ces dernières années, une vingtaine de personnes assistaient à la
messe en latin, et dès avant le schisme d’Ecône, l’assistance s’étant tellement raréfiée, ces messes ont été supprimées. Elles ne sont plus dites
aujourd’hui, faute de demandes, ce qui prouve bien que le problème d’Ecône
n’avait pas grand chose à voir avec le maintien de la messe tridentine.
(apic/be)
"Sentiers pastoraux" est édité par l’Oeuvre Saint-Augustin à Saint-Maurice
et compte 160 pages. La version allemande du livre paraîtra sous peu. Le
livre peut être commandé à la Chancellerie épiscopale, Case postale 2068,
1950 Sion 2.