"Couples chrétiens, ayez le courage de votre identité!"
Sion, 10 février(APIC) "Ce n’est pas parce que ’tout le monde le fait’
qu’une chose devient normale ou sainte". Rappelant avec force la doctrine
de l’Eglise sur le mariage et la sexualité, Mgr Henri Schewry a invité les
couples chrétiens, réunis à Sion dimanche pour une Journée des foyers, à
affirmer leur identité pour témoigner de la dimension surnaturelle du mariage et de la réalité de la famille comme Eglise domestique. Le cardinal
Alfonso Lopez Trujillo a, pour sa part, mis en garde les quelque 300 personnes présentes contre la sécularisation qui menace la famille chrétienne.
Cette Journée des foyers s’inscrivait dans le cadre du Triennat de la
famille et était le point de départ d’une semaine intensive de réflexion et
de prière dans le diocèse de Sion.
La journée s’est ouverte par l’exposé de l’évêque de Sion sur "la famille, Eglise domestique". Si au nom de la dignité de l’homme, a-t-il expliqué, il est raisonnable de condamner la prostitution, l’adultère, les relations sexuelles hors mariage et l’avortement, le chrétien a une responsabilité plus grande: il doit dépasser "les normes éthiques que les sociétés
d’aujourd’hui tentent de se donner" pour mettre en oeuvre une morale qui
proclame l’originalité du message chrétien. Un mesage qui, loin d’être un
carcan, invite à "conformer ses actes à deux données fondamentales: ce que
nous sommes et la destinée qui nous attend".
Non au faux prétexte de la tolérance
Etre chrétien engage. Il ne s’agit pas seulement, pour Mgr Schwery
d’"apporter de bonnes nouvelles". Il faut aussi les réaliser. En aidant par
exemple les autres "à se sortir du piège des préservatifs. S’ils ne le font
pas, c’est à nous de dire l’efficacité absolue de la fidélité conjugale,
c’est à nous de la vivre , à la fois par honnêteté chrétienne et pour être
crédibles". L’évêque de Sion a mis en garde contre les "faux prétextes" visant à mettre en cause la doctrine de l’Eglise sur le mariage et la sexualité, à savoir la difficulté de l’Eglise à rejoindre les couples d’aujourd’hui et les personnes séparées ou divorcées, et le milieu ambiant. "Ce
n’est pas parce que ’tout le monde le fait’ qu’une action devient normale
ou sainte." "Car ce n’est pas en ayant changé astucieusement le vocabulaire
que l’on a modifié la nature des choses: infidélité, adultère, pécheur public demeurent des réalités, même si la mode, la tolérance, voire la charité, nous les font nommer autrement".
"Ayez le courage de votre identité", s’est écrié Mgr Schwery. Pour témoigner dans un monde pluraliste de la dimension surnaturelle du mariage
entre baptisés et de la réalité de la famille, Eglise domestique dans un
monde marqué par "toutes sortes d’abus et de déviations graves allant de
l’instabilité des familles à l’infidélité conjuguale, de la pornographie à
la violence et à l’esclavage." "Ne demandons pas forcément à la société civile d’annoncer Jésus-Christ", a ajouté Mgr Schwery. Il revient aux chrétiens à donner à la société un supplément d’âme. Le cardinal a invité enfin
les familles chrétiennes à retrouver en elles-mêmes "les caractères fondamentaux de l’Eglise dite une, sainte, catholique et apostolique". Elles
sont appelées à vivre le pardon, à prier, à se former et s’informer, à se
familiariser avec la parole de Dieu, à prendre les responsabilités qui découlent de leur identité.
La famille, "une bonne nouvelle de joie"
Le cardinal Lopez Trujillo, président du Conseil pontifical pour la
famille, a traité deux thèmes complémentaires: "La famille: sécularisation
et exigence de foi" et "La famille, sanctuaire de la vie". La sécularisation, qui est aujourd’hui plus indifférence qu’athéisme militant, menace la
famille chrétienne a-t-il souligné. L’homme devient le centre du monde,
l’architecte de l’univers, se substituant à Dieu, d’où "une conception erronée de l’indépendance des conjoints, une fausse idée de la liberté détachée de la croix". Mais Dieu a "un projet originel" pour la famille, a insisté Mgr Lopez Trujillo. Dans cette perspective, la famille n’est pas "un
martyre", elle est "une bonne nouvelle de joie dont le monde a besoin". Les
chrétiens ont à proclamer cette joie "dans l’obéisssance à la volonté de
Dieu", les chrétiens ont a être "témoins d’un amour fécond et heureux".
Réaffirmant que l’avortement et l’euthanasie sont des assassinats, le
cardinal Lopez Trujillo a invité les chrétiens à être porteurs d’une "culture de la vie" face à la "culture de la mort" dans laquelle baignent les
sociétés actuelles. L’UNICEF estime à 40 millions le nombre d’avortements
dans le monde chaque année, a-t-il souligné. Il a mis en garde contre la
banalisation de ces actes, et a appelé les chrétiens à ne pas accepter passivement cette situation. Il revient à l’Eglise non seulement d’alerter les
gouvernements et les responsables économiques, mais ausssi de proposer une
définition précise de la famille et de promouvoir les droits de l’enfant et
de la famille. Le président du Conseil pontifical pour la famille a rappelé
enfin que 1994 serait l’année internationale de la famille.
Une messe pontificale a mis fin à la journée. (apic/id/mp)