Sion: le chanoine Henri Bérard prend sa (270691)
"Nous sommes loin d’avoir réalisé ce que le Synode promettait"
Sion, 27juin(APIC) Le vicaire épiscopal du diocèse de Sion, le chanoine
Henri Bérard, prêtre de Bramois, prend sa retraite après 18 ans de service
au Vicariat. Il sera remplacé par l’abbé Martial Carraux. Depuis le Synode
diocésain de 1972, dont il fut le président, jusqu’à sa retraite pour raison d’âge en cette fin juin 1991, le chanoine Bérard a traversé bien des
orages. A l’heure de la retraite, il livre ses impressions et fait part de
ses sentiments à François-Xavier Amherdt, responsable de l’information diocésaine.
Les domaines dont le chanoine Bérard a eu à s’occuper sont multiples: la
catéchèse, les mouvements, les relations avec l’Eglise réformée évangélique
du Valais, la préparation des nominations, la formation permanente des prêtres et des permanents laïcs à travers les sessions pastorales de Bex: "Un
vaste programme tout à fait passionnant", assure-t-il.
Avant de désigner le chanoine Bérard comme vicaire épiscopal, Mgr Nestor
Adam, évêque de Sion de 1952 à 1977, l’avait choisi comme président du Synode dicésain. Quel souvenir conserve-t-il de cette période? "J’ai l’impression que nous n’avons de loin pas encore réalisé tout ce que le Synode
promettait. Sept ans après le Concile, les Synodes diocésains offraient la
première grande expérience de collaboration entre laïcs et prêtres. Ainsi,
plus de 800 groupes de dialogue s’étaient constitués à l’époque dans le
diocèse. De cet événement charnière sont issus les Conseils pastoraux de
paroisse, le Conseil pastoral diocésain, la répartition des paroisses en
secteurs, les sessions pastorales des prêtres, l’engagement des laïcs. Cependant il a manqué d’hommes pour réfléchir à une mise en oeuvre concrète".
Favoriser l’engagement des laïcs dans le monde
Avant d’être vicaire épiscopal, le chanoine Bérard avait été aumônier de
la Jeunesse agricole catholique (JAC, devenue depuis la jeunesse rurale
chrétienne), puis aumônier de l’Action catholique générale (ACG). Une expérience riche qui suscite la réflexion: "Je pense que notre prédication et
notre action pastorale restent encore trop absentes des lieux de décision
importants de notre société. L’Evangile est lumière pour la vie et sel de
la terre. Ou il pénètre la pâte humaine dans toute son épaisseur économique, culturelle, politique et sociale, ou il manque sa portée essentielle.
Je crains que nous ne cantonnions actuellement trop le rôle des laïcs dans
les structures ecclésiales, au lieu de favoriser leur engagement dans le
monde".
Le chanoine Bérard ne voit aucune opposition entre les mouvements d’action catholique et les groupes de prière: "Bien au contraire. Je me méfie
cependant d’une spiritualité qui s’évaderait de l’histoire et du réel. Dans
la logique de l’incarnation".
Ce qui était le plus dur pour le chanoine Bérard était d’aller annoncer
aux prêtres "des choses qu’ils ne désiraient pas entendre - lors de conflits de personnes - pour un changement de poste non souhaité. Des déceptions, certes, tout au long de 18 ans, mais des joies aussi: "Mes plus
grandes satisfactions ont toujours consisté dans la multitude des contacts
avec les prêtres et les laïcs engagés. Comme aussi l’ouverture à la Romandie et le dialogue oecuménique". Et le chanoine de conclure: "Nous avons à
affronter un pluralisme croissant dans notre diocèse. Il est révolu, le
temps de l’influence monolithique d’une Eglise catholique travaillant en
terrain conquis. Mais cet éclatement apparent peut servir de catalyseur à
un recentrement sur l’essentiel: l’annonce de l’Evangile sur la terre des
hommes". (apic/fxa/pr)
ENCADRE
Qu’est-ce qu’un vicaire épiscopal, et un vicaire général? Le chanoine
Bérard explique: "La charge de vicaire épiscopal remonte au Concile Vatican
II. L’évêque confie aux vicaires épiscopaux des responsabilités supra-paroissiales - pour une zone géographique donnée ou dans des domaines précis. Ce faisant, il en fait ses proches collaborateurs. Le vicaire général
est, lui, "le double de l’évêque, son bras droit pour l’ensemble du diocèse, son substitut en cas de besoin. Il exerce des tâches plutôt de gestion
et d’administration, alors que les vicaires épiscopaux ont des fonctions
surtout pastorales". (apic/fxa/pr)