Un Valaisan "tué en haine de la foi" au Tibet
Sion, 1erdécembre(APIC) La béatification du chanoine valaisan Maurice
Tornay, massacré le 11 août 1949 par des lamas, au Tibet, aura lieu le
dimanche 16 mai prochain à Rome, a annoncé mardi Mgr Angelin Lovey, ancien
prévôt du Grand-St-Bernard et vice-postulateur de la cause de béatification
du Père Tornay.
Le décret reconnaissant le martyre du missionnaire valaisan né le 31
août 1910 dans le petit hameau de la Rosière, au dessus d’Orsières, a été
promulgué par la Congrégation pour les causes des saints en juillet
dernier. Missionnaire en Chine et au Tibet, le P. Tornay était membre de la
Congrégation des chanoines du Grand Saint-Bernard.
Mgr Angelin Lovey, ancien prévôt des chanoines du Grand Saint-Bernard,
avait demandé avec d’autres témoins de la vie de Maurice Tornay l’ouverture
d’un procès canonique en vue de sa béatification. Ce procès ayant abouti,
la cérémonie de béatification aura lieu à Rome le 16 mai prochain.
Maurice Tornay, après ses études classiques au Collège de l’Abbaye de
Saint-Maurice, est attiré par l’idéal de la vie des chanoines de l’hospice
du Grand Saint-Bernard. Le Père Tornay a été missionnaire en Chine et au
Tibet de 1936 à 1945. Il fut ordonné prêtre à Hanoi, au Vietnam. Nommé curé
de Yerkalo, sur territoire tibétain, il en fut chassé par les lamas le 26
janvier 1946. Les lamas forcèrent alors les chrétiens de Yerkalo à apostasier, à accomplir les rites bouddhistes et à envoyer leurs jeunes garçons
comme élèves à la lamasserie de Karmda.
Chassé par les lamas
C’est seulement après 3 ans de vaines démarches diplomatiques que le P.
Tornay se décida à partir à Lhassa pour plaider la cause de ses fidèles auprès du dalaï lama. Il quitta la Mission d’Atuntze le 10 juillet 1949, avec
une caravane chrétienne. Forcé de faire demi-tour - il en avait reçu l’ordre des autorités locales - après 17 jours de marche, le Père Tornay et
trois serviteurs franchirent le col frontière de Choula, le 11 août. Peu
en-dessous du col, en territoire chinois, quatre lamas l’abattirent à coup
de fusil, avec Doci, l’un de ses domestiques, les autres étant parvenus à
s’enfuir. Les assaillants pillèrent la petite caravane avant de dénuder les
cadavres.
Ce n’était pas la première fois que des lamas s’en prenaient ainsi à des
missionnaires étrangers: l’histoire de la mission au Tibet en est jalonnée.
Plusieurs Pères des Missions Etrangères de Paris (MEP) ont également laissé
leur vie dans cette région au cours du XIXe et du XXe siècle. (apic/be)