Sion: Des milliers de Valaisans saluent le (300691)
"Moment historique"
De notre envoyée spéciale Geneviève Cornet, Agence APIC
Sion, 30juin(APIC) Plus de quatre siècles et demi après Mathieu Schiner,
le Valais accueillait dimanche en fin d’après-midi le deuxième cardinal de
son histoire. Des milliers de Valaisans, rassemblés sur la place de la
Planta à Sion, ont réservé en effet un accueil chaleureux à Mgr Henri
Schwery, "leur" cardinal, de retour de Rome avec la barrette et l’anneau
cardinalices. Ils ont longuement ovationné Mgr Schwery, surpris et ému. Cet
accueil spontané s’est conjugué avec l’accueil officiel : procession, plaque commémorative à l’Hôtel de Ville, messe pontificale, rien n’avait été
oublié par les autorités civiles et ecclésiastiques pour marquer solennellement le retour de Mgr Schwery dans sa ville épiscopale.
Le point culminant de la réception a été la messe pontificale célébrée
sur la place de la Planta par le nouveau cardinal, entouré de l’ensemble
des évêques suisses, du nonce apostolique en Suisse, Mgr Edoardo Rovida, et
de nombreux prêtres. Outre les autorités cantonales, municipales et
bourgeoisiales, la Confédération était présente en la personne de son président Flavio Cotti.
Heures historiques pour le Valais tout entier que celles vécues ce dimanche pour fêter le retour de l’évêque de Sion dans son diocèse où il continuera à résider. Ceux qui sont restés - impatients et un peu tendus tout
de même - se mêlaient à ceux qui rentraient de Rome, formant une foule bigarrée et enthousiaste, au milieu des acclamations et des drapeaux déployés. Un cortège solennel, l’Harmonie municipale en tête, a conduit les évêques suisses et les autorités jusqu’à l’Hôtel de Ville, où le nouveau cardinal a béni une plaque commémorant l’événement.
Flavio Cotti, juste avant la messe, est venu présenter au cardinal les
voeux de la Confédération, heureuse de participer à ce "moment historique
pour l’Eglise". Il a souligné l’autorité naturelle, le sens de la mesure et
l’ouverture de Mgr Schwery aux besoins du temps. Il lui a souhaité un long
et fécond ministère au service de l’Eglise universelle et de "l’unité tolérante de notre Eglise locale".
S’adressant à la foule après avoir salué ses "frères dans l’épiscopat",
Mgr Schwery n’a pas manqué de relever lui aussi la signification de ce moment particulier : "Aujourd’hui, un signe nouveau nous est donné de notre
communion avec l’évêque de Rome. Puisse ce signe être un gage de la fidélité que nous avons héritée et qu’il faudra transmettre".
Gilbert Debons, président de la ville de Sion, a pour sa part insisté
sur le fait que Jean Paul II, en nommant l’évêque de Sion cardinal, veut
souligner par cet honneur la qualité des rapports amicaux qu’il entretient
avec le diocèse de Sion visité en juin 1984. Et de relever qu’en ce jour
"une page d’histoire s’écrit sous nos yeux". S’adressant à la foule, Gilbert Debons a alors lancé : "Peuple du diocèse de Sion, sauras-tu apporter
ta réponse de chrétien à ta nouvelle dimension, à tes nouvelles responsabilités?"
Se tournant ensuite vers Mgr Schwery, le président de Sion fait remarquer: "Nous avons besoin de votre foi, de votre courage, de votre enthousiasme et ensemble nous pourrons franchir de nouvelles étapes, celles du
troisième millénaire annonciatrices d’une renaissance religieuse."
Dans son allocution, le président du gouvernement de la République et
canton du Valais, Bernard Comby, n’a pas manqué d’évoquer le nom de celui
qui fut le premier cardinal valaisan: Mathieu Schiner. Le conseiller d’Etat
radical s’est dit persuadé que le nouveau cardinal ne ressemblera guère à
son illustre prédécesseur comme cardinal-évêque de Sion: "Votre activité
sera moins politique, et surtout moins militaire; vous continuerez à être
plus préoccupé de votre diocèse que des Etats pontificaux; vous poursuivrez
auprès de vos diocésains vos efforts de contact et de sensibilisation aux
valeurs profondes du christianisme plus qu’aux fastes d’une Italie magnifiée par la Renaissance. Nous nous en réjouissons tous".
Bernard Comby a ensuite fait remarquer que Mgr Schwery sera désormais un
peu le représentant de l’Eglise catholique suisse au Vatican. "Vous saurez,
j’en suis sûr, a-t-il dit, y faire entendre la voix du Valais et de la
Suisse, expliquant les particularismes régionaux auxquels nous tenons, rappelant nos traditions démocratiques et la sensibilité qu’elles ont créées
face à certaines formes d’autorité".
Respect de la liberté de conscience et de croyance
Le président du gouvernement valaisan a souligné que si sa présence sur
la place de la Planta manifeste l’intérêt du Valais politique pour la vie
de l’Eglise catholique valaisanne, "cet intérêt ne nous empêche pas de respecter rigoureusement la sphère d’influence de chaque hiérarchie". Il est
de nombreux secteurs, a-t-il poursuivi, - notamment l’éducation, la vie sociale et culturelle - "où l’Eglise et l’Etat doivent harmoniser leurs efforts au service de la collectivité, dans le respect de la liberté de conscience et de croyance". (apic/pr/cor/be)