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    Sion: Congrès international des médecins catholiques (270594)

    "La famille - réceptacle de la vie": conférence du cardinal Schwery

    Sion, 27mai(APIC) "On nous a collé l’étiquette de ’moralisateurs’, plus

    précisément de ’gendarmes de la sexualité’! Le monde entend la voix de

    l’Eglise mais n’écoute plus d’autre message que celui qu’il épie...", a déploré vendredi à Sion le cardinal Henri Schwery, au cours d’une conférence

    intitulée "La famille - réceptacle de la vie".

    L’évêque de Sion a mis en garde contre le "piège terrible", qui

    fonctionne déjà largement dans l’opinion, de dissocier Vie et Amour, alors

    que l’homme a été créé pour vivre et pour aimer: pour vivre en aimant, pour

    aimer en diffusant la vie. S’il dissocie ces deux aspects, a-t-il dit aux

    quelque 160 participants au Congrès commun de l’Association de Médecins Catholiques suisses (AMCS) et de l’Association Internationale de Médecins

    pour le planning familial naturel (AIMPFN), l’homme "porte atteinte au Mystère même de son être humain". Et de déplorer que notre civilisation a

    réussi a dissocier l’amour de la sexualité.

    Soulignant ensuite la valeur du principe de subsidiarité - la société

    civile ou religieuse, l’Etat doivent soutenir subsidiairement la famille

    quand elle est dépassée -, le cardinal Schwery a évoqué les valeurs "confiées naturellement au couple et à la famille", comme la subsistance, la

    fécondité, la paternité responsable, l’accueil de la vie, la protection de

    la vie, l’éducation et le mariage.

    Ainsi, en matière de subsistance, "loin d’être subsidiaire, la société

    devient aliénante lorsqu’elle n’édifie la croissance économique que sur les

    critères de rentabilité des entreprises". Le cardinal regrette également

    qu’en matière de planning familial naturel, l’on puisse parler de "péché

    d’omission" de la part de la société, parfois des communautés ecclésiales

    voire de certains pasteurs qui ne s’y sont même pas intéressés. La société

    pèche aussi quand elle laisse perdurer les situations d’abandon, d’exploitation économique et de solitude de certaines jeunes filles immigrées, par

    exemple, les poussant ainsi à l’avortement.

    Pour l’évêque de Sion, la famille est trop souvent dépassée par l’agressivité des ennemis de la vie, et la société devient aliénante quand elle

    exerce des pressions - économiques, juridiques, pseudo-thérapeutiques - en

    faveur de l’avortement. En matière d’éducation, l’école devient à son tour

    aliénante quand des programmes d’éducation sexuelle sont réduits à de l’information technique, dissociant la sexualité de l’amour, et à l’adaptation

    psychologique de l’enfant à l’opinion publique.

    Le cardinal Schwery a encore dénoncé la banalisation des faux mariages,

    des mariages à l’essai et partenariats divers, l’omission délibérée de

    l’appel à la fidélité conjugale dans les campagnes anti-sida. Le document

    préparatoire de l’ONU pour l’Année internationale de la famille n’a pas été

    épargné non plus. Selon Mgr Schwery, ce document met en cause directement

    la famille quand dans une directive de Boutros Boutros-Ghali, il est écrit

    qu’il faut "s’efforcer d’éviter de privilégier, implicitement ou explicitement, une image unique, idéale, de la famille". Après avoir développé une

    théologie de la famille, cardinal Schwery a conclu que la famille est à

    sauver, "elle est sauvable".

    La veille, jour d’ouverture du Congrès, les participants ont entendu le

    professeur Ronan O’Rahilly (Villars-sur-Glâne), professeur émérite d’anatomie humaine et de neurologie, sur la vie avant la naissance. Il a souligné

    que c’est pendant la période embryonnaire vraie (les huit premières semaines après la fertilisation, avant la période foetale qui va jusqu’à la

    naissance) que s’individualisent la majeure partie des structures de l’organisme et qu’apparaissent la plupart des anomalies congénitales.

    Dans son exposé sur les malformations du système nerveux central, le

    diagnostic prénatal et la thérapie post-natale, le professeur Georges Kayser, directeur de la clinique chirurgicale pour enfants de l’Hôpital de

    l’Ile à Berne, a présenté les malformations détectées avant la naissance pour la plupart dans les premières semaines de grossesse - et les possibilités de traitement existantes.

    Il a insisté sur la nécessité pour les médecins d’aider les parents confrontés à de telles situations à dépasser leurs peurs et leurs doutes, et à

    les informer sur leur droit à s’opposer à l’avis des médecins (proposition

    d’avortement par exemple). Il a dit sa crainte que la société contemporaine, les administrations hospitalières et les hommes politiques ne fassent

    pas tout pour favoriser une approche optimale de ces enfants malades non

    encore nés, du fait de l’attitude ambiguë face aux malformations et des

    contraintes financières.

    Le Père Andreas Laun, professeur de théologie morale à Vienne, s’est

    notamment posé les questions de l’âme chez l’embryon humain et des finalités du mariage. S’appuyant sur l’enseignement traditionnel de l’Eglise catholique, le Père Laun a rappelé qu’il y a être humain dès la conception.

    Il a qualifié l’avortement de crime, le condamnant sans concessions: celui

    qui avorte tue un être humain voulu par Dieu et dépouille l’amour conjugal

    de son "couronnement".

    Le religieux autrichien a également refusé que l’on puisse être favorable aux moyens contraceptifs pour combattre l’avortement, dénonçant à la

    suite de Jean Paul II la "culture de mort" dans laquelle est plongée la société contemporaine, qui voudrait par exemple voir dans l’avortement une

    solution à la surpopulation. Elisabeth Ceppi, infirmière haut-valaisanne, a

    présenté ensuite la toute récente fondation "Joël" qui s’est donné comme

    priorité de promouvoir les soins à domicile, avec la participation de la

    famille, pour les enfants malades et handicapés. (apic/be)

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