Sion: célébration de la Journée mondiale des bénévoles (131291)
Sion, 13décembre(APIC) Que signifie accompagner une personne en fin de
vie? Quelles sont les exigences d’une telle démarche? Comment s’y préparer?
C’est à ces questions notamment qu’a tenté de répondre le pasteur René Nyffeler dans une conférence donnée récemment à Sion dans le cadre de la Journée mondialde des bénévoles.
Pour le pasteur Nyffeler, les derniers instants de l’existence terrestre
sont parmi les plus intenses. Ils revêtent un caractère sacré, appartenant
totalement à celui qui les vit. Ils requièrent donc de la part du visiteur
un très grand respect pour la personne et le sens de la communication pour
la rejoindre dans ses interrogations et ses peurs.
Accompagner une personne en fin de vie, c’est essentiellement communiquer avec elle. "Mais qu’est-ce que communiquer?", s’est demandé le conférencier. Loin de transmettre un savoir, c’est "rejoindre l’autre sur son
terrain pour cheminer avec lui", découvrir ce que l’on a de commun. La
communication devient alors approche bienveillante de l’autre, l’écoute attentive pour capter les signes émis, communion des personnes. Il faut aussi
savoir "risquer une parole de temps en temps"
S’appuyant sur l’expérience acquise durant son ministère en Alsace, puis
à Montana, où il travaille actuellement, le pasteur Nyffeler a évoqué des
situations concrètes de non-communication, invitant les participants à
voir dans le refus un message: dire non, c’est témoigner d’une phase que
l’on traverse dans la découverte de soi-même. Le visiteur doit en être
conscient pour dépasser l’apparence et rejoindre la personne dans ce qu’elle veut exprimer. Pour la personne en fin de vie, tout geste, même le plus
banal en apparence, transmet un message: au visiteur de le décrypter pour
mieux communiquer avec elle. Le visiteur devient alors un trait d’union entre la personne et ses proches, entre l’au-delà et l’en-deça. Ni membre du
personnel, ni membre de la famille, il est une personne de confiance totalement présente et disponible.
On ne s’improvise pas visiteur
Etre visiteur ne s’improvise pas, a souligné le conférencier. Il y a
d’abord la prise de contact: sentir l’atmosphère de la chambre, communiquer
par le regard et le toucher pour signifier une présence, ensuite seulement
parler pour amorcer le dialogue. Le visiteur doit être pleinement présent,
ouvert et disponible. Il doit respecter l’autre, quelle qu’il soit, maîtriser son émotion et éviter "le syndrome du saint-Bernard", c’est-à-dire vouloir à tout prix apporter quelque chose à la personne en fin de vie. "Le
visiteur doit être sûr de lui et faire confiance aux autres et à Dieu".
Une centaine de visiteurs en Valais
La soirée a donné l’occasion aux sept groupes de visiteurs du Valais de
mieux faire connaître leurs activités. Le premier groupe valaisan de bénévoles prêts à accompagner les personnes en fin de vie s’est constitué à
Sion en 1986 sous l’impulsion de Soeur Christa, hospitalière, infirmière de
santé publique à Sion. Par la suite, emboîtant le pas, plusieurs groupes de
bénévoles se sont formés un peu partout dans le canton.
Le Valais compte aujourd’hui une centaine de visiteurs. L’impulsion est
donnée et plusieurs groupes sont en train de se constituer. Non confessionnelles, les visiteurs travaillent en étroite collaboration avec les responsables des hôpitaux, des cliniques et des homes ou se rendent à domicile.
(apic/id/pr)