"Les Indiens sont le tiers-monde des Etats-Unis"
Sion, 16décembre(APIC) "Amérindiens: 500 ans de droits bafoués". C’est
sous ce titre que Véra Tchérémissinof a présenté mardi soir à Sion le sort
des Indiens aux Etats-Unis et les multiples violations des droits de l’homme dont ils ont été et sont encore les victimes. La coordinatrice de l’Association de soutien aux nations amérindiennes ASNA, fondée à Lausanne en
1990, était l’invitée de la section régionale d’"Amnesty International".
En deux siècles, la population indienne des Etats-Unis est passée de 12
millions à 800’000 personnes. Véra Tchérémissinof parle de "génocide" aux
causes multiples: maladies, famines, guerres indiennes, déplacements de populations et aussi assimilation et évangélisation forcées. La résistance
indienne anéantie après les guerres du XIXe siècle et la création des réserves a repris en 1968 avec la fondation du Mouvement des Indiens d’Amérique par Léonard Peltier, aujourd’hui emprisonné. Ce mouvement lutte, notamment par des occupations de bureaux et de lieux symboliques, pour le respect des quelque 400 traités signés avec les Blancs, la protection des sites sacrés contre la pollution et l’implantation d’industries exploitant
l’uranium, le pétrole et le charbon, la révision des procès intentés aux
militants et leur libération.
La projection du film "l’Esprit de Cheval-fou" a permis aux participants
de saisir la gravité de la situation actuelle. Misère, chômage, alcoolisme,
discrimination, désespoir frappent les Amérindiens de plein fouet. Depuis
Eisenhower, une "politique de liquidation" tente de les attirer dans les
villes moyennant une aide financière limitée. Les réserves désertées peuvent ainsi devenir la proie des industriels.
"Les Amérindiens, c’est le tiers-monde des Etats-Unis", lance Véra Tchérémissinof. Par la sensibilisation de l’opinion publique, Amnesty International peut soutenir efficacement ces Indiens. Car, explique en conclusion
la coordinatrice de l’ASNA, ce sont deux visions de la terre qui s’opposent: celle des Indiens qui "s’inscrivent dans le cycle du monde" et celle
des Américains qui voient la terre comme une source de profit. (apic/id/mp)