"Nous n’avons jamais été des marxistes subversifs"
Singapour, 20avril(APIC) 9 anciens détenus arrêtés en 1987 à Singapour
par le Département intérieur de Sécurté (ISD) décrivent le traitement
qu’ils ont subi en prison et rétractent publiquement les propos qu’on leur
avait extorqués en exerçant sur eux le pire chantage. Ils écrivent : "Nous
nous considérons comme des citoyens loyaux et responsables, nous n’avons
jamais été ni marxistes ni membres d’aucune conspiration".
Tang Lay Lee, Kenneth Tsang, Teo Soh Lung, Ng Bee Leng, Chng Suan Tze,
Yap Hon Ngian, Wong Souk Yee, Kevin de Souza et Tang Pong Har ont été
arrêtés les 21 mai et 20 juin 1987 par le Département intérieur de Sécurité
de Singapour et relâchés en juin, septembre et décembre de la même année.
Ils écrivent : "Après notre soudaine arrestation, nous avons été soumis
à de rudes et intensifs interrogatoires, privés de sommeil et de repos.
Certains d’entre nous ont été interrogés 70 heures durant dans des pièces
réfrigérées par air conditionné". Et plus loin : "La plupart d’entre nous
ont été frappés au visage, certains ont reçu une cinquantaine de coups. On
a menacé d’arrêter nos épouses et nos amis. Et on a brandi le spectre d’une
détention polongée indéfiniment".
"Ces menaces pesaient sur nous lorsque nous avons rédigé nos déclarations en prison", écrivent les ex-détenus qui poursuivent : "A la télévision, on nous a forcés à prononcer des phrases comme : "J’ai des tendances
marxistes", "la société dont je rêve est une société sans classes" et à
donner des noms de personnes".
Dans leur communiqué, les anciens prisonniers déclarent : "Nous n’avons
jamais agi dans le but de nuire à la sécurité de notre pays, nous n’avons
jamais fait partie d’un complot marxiste. Nous avons travaillé dans
différents groupes d’Eglise, nous avons soutenu le Parti des travailleurs
et nous voulons une réforme de la loi, mais nous sommes des citoyens
ordinaires exerçant leur droit constitutionnel de s’exprimer et de
s’associer librement à Singapour. Nous avions, dans le cadre
d’organisations officielles et légitimes, et par des moyens légitimes,
plaidé en faveur de plus de démocratie, de moins d’élitisme, de la
protection de la liberté des individus et des droits civils, d’un souci
plus grand des pauvres et de moins d’interférence du gouvernement dans la
vie privée des citoyens". (apic/ym)