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    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
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    Française... Non, je n’ai pas envie de raconter. En Suisse depuis 5 ans.

    SilvieBis

    Mriée, pas d’enfant. Problème de stérilité dont je me suis rendue compte

    sitôt après mon mariage. Tentative de fécondation in-vitro. C’est au bout

    de la 4e que j’ai été testée psositive. Comment vous l’avez pris. Surprise.

    Comme tout le monde, j’avais vaguement entendu parler d’une maladie qui

    s’appelait sida. Mais cela me semblait extrêment lointain. C’était en 1987.

    Très loin de moi, surprise et déboussolée.

    ma première réaction a été de tester mon mari. Par chance, cela s’est

    révélé négatif. Mon mari a eu la délicatesse de ne jamais me poser de question, même si essayer de résoudre quelques pooints d’interrogation. Jamais

    acculé à des questions. Il a toujours laissé dans l’intégralité de ma personne. Toujours été d’un soutien très présent et très vif.

    Je travaille. Mais je ne veux pas donner trop de précision. J’ai pas envie de cacher ma séropositivité, mais je n’ai pas non plus envie l’afficher. je ne suis pas prête, à l’heure actuelle, contrairement à certaine

    personne, à être quelqu’un d’officiellement séropositif. C’est un travail

    que j’essaie de faire sur moi-même, de voir, de régler ce genre de chose.

    Et tant que cela reste un problème, je préfère ne rien dire de trop. C’est

    un conflit pour moi. J’essaie, dans la mesure du possible, de choisir mes

    interlocuteurs. De ne pas en parler à tort et en travers. Il y a encore

    trop de gens inquiets au sujet de cette maladie, qui n’iont pas l’information suffisante pour être détendue face à ce genre de problème... je n’ai

    pas envie, en plus des choses qui me sont difficiles à assumer, d’assumer

    des rejets. Je prends soin de choisir les personnes à qui j’en parle.

    J’estime pas non plus l’essentiel de ma personnalité. C’est un des aspects.

    Et de même qu’on ne livre pas son intimité à tout le monde, je n’ai pas envie de livrer cette partie là de mont intimité au grand public.

    A mes parents, j’en ai parlé il n’y a pas très longtemps. J’ai d’abord

    commencé par leur caché, même si je n’ai jamais eu de doute sur leur réaction. Mais j’ai eu très peur de l’impact que cela aurait sur eux. J’avais

    envie de les protéger. Il a fallut que je règle d’abord certains problèmes,

    certaines questions avant de réussir à leur en parler.

    Ma première réaction, comme celle des autres en apprnant.... une mort

    imminente. Ce fut ma première réaction.... dans 6 mois je ne suis plus là.

    Tant que je n’avais pas personnelement réglé ce problème, je ne me sentais

    pas la force de le dire à mes parents. J’ai réussi à me convaincre que la

    séropositivité, ça n’était pas le sida et que la mort n’était pas forcément

    aussi imminente... Alors j’ai pu leur en parler.

    Quelque chose a changé, dans votre comportement, dans votre manière de

    voir les choses.

    A peu près tout. La séropositivité amène bien souvent à l’essentiel des

    choses. Des choses superficielles, des détails, le superflu est balayé.

    C’est parfois du reste quelque peu exessif, car à force d’être et d’aller à

    l’essentiel, on oublie un certain superficiel dont on a besoin. Tout est

    vécu un peu plus intensément. Les relations avec les autres changent... les

    perspectives de ne plus remettre éternellement au lendemain ou dans 10 ans.

    Tout devient beaucoup plus immédiat, beaucoup plus pressant. Une façon de

    vivre qui change énormément. Une prise de conscience pour l’instant beaucoup plus grande, comme si il n’y avait plus une minute à perdre.

    Le jour où m’a été révélée et où j’ai compris ma séropositivité, je me

    suis rendu compte que je n’étais pas immortelle. Je crois que c’est le privilège de la jeunesse que de se croire immortelle, d’avoir un temps infini.

    Actuellement je n’y crois plus.

    J’ai réalisé aussi qu’il fallait faire les choses et pas uniquement en

    terme de projet. Qu’il fallait vivre. Oui j’ai réappris à vivre. J’ai redécouvert des choses. Avec aussi des difficultés à se projeter, à se situer à

    long terme, des difficultés à faire des projets, à oser investir dans la

    vie. C’est à double tranchant. D’un seul coup, il y a un tas de choses

    qu’on revoit, qu’on redécouvre. L’essentiel, l’instant, la beauté du temps,

    la beauté de la vie dans laquelle on est plongé. On Hape avec fénésie. Le

    revers de la médaille, des difficultés à faire des projets. L’instabilité

    dans l’avenir. J’en parle avec mon mari. C’east pas forcément une préoccupation consciente de chaque jour. Mais c’est comme une philosophie de la

    vie, c’est sous-jacent.

    Les gens manquent cruellement d’information malgré toutes les campagnes

    qui ont été faites. Les gens ont toujours peur.... ils ont parfaitement

    raison d’avoir peur du sida, par contre, ils n’ont aucune raison d’avoir

    peur des malades du sida. les peurs se traduisent plus envers les malades

    qu’envers la maladie elle-même.

    Il y a la peur et il y a le rejet... qui sont deux choses différentes.

    Dans la peur, il y a aussi une facilité pour les personnes à avoir peur des

    malades, à se défier du malade et à continuer à ne pas se responsabiliser

    dans sa vie quotidienne C’est-à-dire, en même temps à culpabiliser ces malades, à les étiqueterle malade, à en avoir peur et à se dire voilà, puisque le malade c’est celui-ci, moi je n’appartiens pas à ce monde là. Et le

    sida ne me concerne pas.

    Le rejet, c’est vrai qu’il existe, c’est vrai. Mais cela émane un peu de

    la même chose. En rejetant et en culpabilisant la personne, on écarte de

    soi également la maladie. En se disant: un tel est toxico ou homo.... il y

    a une raison, ce qui me met moi à l’abri. On fait des ghettos. Par mesure

    de sauvegarde, les gens ont peur. Au lieu de voir les choses en face et de

    se responsabiliser, ils essaient de se sauvegarder en écartant au maximum

    le problème.

    D’autres malades, les handicapés, etc, doivent ressentir ce genre de

    chose D’autres maldes incurables... un réflexe... les gens veulent absolument voir l’image de jeunes et de gens bien portants.

    Peur irrationnelle. Le problème du sida, c’est qu’en plus de la peur, il

    y a un jugement, il y a quelque chose de moral.

    Pasteur.... Il y a la prise en charge médicale, social, et puis il y a

    un besoin de prise en charge plus spirituel parce que le sida, ça touche la

    mort entre autres. Besoin de se restructurer, de se retrouver vis-à-vis des

    valeurs essentielles. Et dominique apporte ce genre de réponse. Une porte

    ouverte sur la religion. La religion a quelque fois fermé ses portes aux

    malades du sida. Comme toute personne qui s’approche de plus en plus de la

    mort, il y a un besoin de retrouver une spiritualité, de retrouver des

    croyances.

    Si je vous dit avenir, vous me dites quoi?

    Si vous me dites avenir, moi je pense demain. Mais pas vraiment au-delà.

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