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    SIDA

    Fribourg, 14avril(APIC) Mortelles seringues, fatales transfusions et funestes étreintes... La grande faucheuse ne distingue rien ni personne. Elle

    prélève son lot. Le sida est une aubaine dont elle ne se prive pas. La maladie frappe, en Suisse comme partout dans le monde. Oui le sida pose des

    questions de société, mais il en pose davantage encore à l’individu qui vit

    avec sa maladie. C’est pour tenter d’y réfléchir, d’être une oreille attentive et une accompagnante que Dominique Roulin, pasteure à Genève, a choisi

    de consacrer aux sidéens et aux séropositfs une partie de son ministère,

    mandatée en cela par l’Eglise nationale protestante de Genève (ENPG). Un

    cas unique en Suisse romande.

    "L’an dernier, le consistoire de l’ENPG a décidé la création d’un poste

    à mi-temps dans le but d’accompagner les malades, de les soutenir ainsi que

    leur famille, mais aussi pour accomplir un travail de formation et d’information, à l’intérieur comme à l’extérieur de l’Eglise", explique la pasteure. Parisienne d’origine, 33 ans, Dominique Roulin respire la vie dans ses

    bureaux du Centre universitaire protestant (CUP) situés en face de la plaine de Plainpalais. Un Centre dont elle assume la direction, son autre mitemps.

    Pourquoi ce choix, ce ministère d’accompagnement des sidéens? "Un jeune

    étudiant haïtien vivait au CUP. Il avait le sida... A sa demande, je l’ai

    accompagné jusqu’à la mort. Pour moi, dont la vocation a toujours été de

    m’engager auprès des défavorisés, ce fut le déclic. Cet étudiant m’a fait

    prendre conscience d’un tas de choses... sur moi également, sur mes peurs,

    mes angoisses".

    "Je suis pasteure, pas assistante sociale ou médecin... J’offre la possibilité d’un partage, d’une écoute. Quand on vient dans mon bureau, il n’y

    a pas l’objectif ’je viens te voir pour me guérir’. Le langage est plus

    simple: ’je viens pour partagerce que je suis en train de vivre, en gaieté

    ou en tristesse, en joie ou en pleure’".

    Ecouter, partager, parler, redonner confiance et goût à une vie qui

    demain peut s’échapper. Pas facile et pas simple de donner les réponses aux

    questions

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