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    Inquiétudes au Conseil de la Fédération luthérienne mondiale (FLM)

    Sévices et abus sexuels contre des enfants

    Chicago/Zurich, 12août(APIC) Le Conseil de la Fédération luthérienne mondiale (FLM) dénonce l’exploitation, la torture et l’assassinat des enfants.

    Réunis tout récemment à Chicago, il a invité ses membres à "s’occuper en

    priorité de la situation intolérable faite aux enfants". En Suisse, "Forum

    réformé", un journal protestant, encourage la dénonciation des cas d’abus

    sexuels des enfants.

    Selon l’hebdomadaire "Forum réformé", paraissant à Zurich, 40’000 à

    45’000 enfants (2/3 de filles, 1/3 de garçons) sont victimes d’abus sexuels

    chaque année, mais on ne le sait pas, car l’auteur de ces abus est un de

    leurs proches: père, frère aîné, beau-père, grand-père, oncle ou voisin.

    Les journaux font leurs titres à sensation de pédophiles violents qui abusent de petits enfants. Mais l’inconnu dans la rue est une apparition rare,

    comparée à la réalité sordide dans de nombreuses familles. Ce thème est cependant frappé d’un tabou par la société.

    Comme les enfants se sentent trahis, sans défense, sans voix et sans assistance, les victimes des abus sexuels - traumatisés et souffrant fréquement de dérèglements psychologiques - ne peuvent pour la plupart en parler

    qu’à l’âge adulte. Ainsi les auteurs des abus se sentent à l’abri, et récidivent allègrement: il s’agit rarement d’un cas isolé.

    L’article publié par le "Réformiertes Forum" souligne que les victimes

    ont souvent de la peine à trouver des thérapeutes avec qui parler de leurs

    expériences blessantes, des difficultés de compréhension se présentant en

    particulier chez les psychanalystes des écoles freudienne et jungienne, et

    chez de nombreux ecclésiastiques. Une des femmes confessant d’anciennes

    victimes d’abus sexuels constate: "Comment l’Eglise pourrait-elle protéger

    les enfants, si elle n’est même pas l’aise avec la sexualité en général?"

    Le "Forum réformé" note que les cas d’abus me se déroulent pas avant

    tout dans des familles ouvertes, démocratiques, mais dans celles qui ont

    des principes moraux très stricts, où l’on est opposé à la jouissance, aux

    femmes, où l’on a pas une bonne relation avec son corps: "là où la pitié a

    des tendances fondamentalistes, elle risque de dévier avec la violence".

    Le taux de victimes d’abus sexuels est très élevé chez les drogués et

    les alcooliques, chez les prostituées, les fugueurs, les suicidaires et les

    patients psychiatriques, souligne l’enquête. La psychiatre suisse Alice

    Miller affirme: "Nos cliniques psychiatriques seraient à moitié vides s’il

    n’y avait aucune violence sexuelle à l’encontre des enfants".

    Beaucoup de garçons victimes deviennent eux-mêmes, une fois adultes, auteurs d’abus sexuels. Le rôle de la mère est étrange: étant elle-même soumise à l’homme, elle tait souvent les abus dont elle est le témoin auprès

    de ses enfants.

    D’après la spécialiste Helga Saller, qui a travaillé en République fédérale d’Allemagne et aux Etats-Unis, le plus important est de briser le mur

    du silence. Il est évident que le problème n’est pas présent seulement en

    Suisse, où l’on commence à dévoiler la pointe de l’iceberg. (apic/spi/sjb).

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