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    Ses parents avaient fait supprimer de leur état civil la mention de leur confession

    Liban: Ghadi Darwiche est le premier nouveau-né libanais "sans appartenance religieuse"

    Beyrouth, 28 octobre 2013 (Apic) Né le 30 septembre 2013, Ghadi Darwiche est officiellement le premier nouveau-né libanais inscrit "sans appartenance religieuse". Il est l'enfant de Nidal Darwiche et Khouloud Sukkarieh, les deux premiers Libanais à avoir contracté un mariage civil au Liban. Les couples qui veulent échapper aux contraintes de la juridiction religieuse régissant le mariage au Liban contractent jusqu'à maintenant un mariage civil à l’étranger, mais la situation pourrait évoluer.

    Dans ce pays multiconfessionnel, où cohabitent quelque dix-huit confessions reconnues par l'Etat, les questions de mariage, de divorce ou d'héritage relèvent des autorités religieuses de chaque communauté. Si les couples sont mixtes et veulent se marier au Liban, l'un des époux est donc dans l'obligation de se convertir à la religion de l'autre.

    Combat pour la laïcité

    La loi reconnaît néanmoins les mariages civils contractés hors des frontières nationales, souvent à Chypre. Les couples qui veulent se marier civilement peuvent le faire sur la base de l’article 25 de l’arrêté 60 L.R. (lois et règlements) de 1936, datant de l'époque du mandat français, qui a autorisé le citoyen à contracter un mariage civil hors du Liban.

    Chaque année, des centaines de couples se rendent à l’étranger pour conclure leur mariage auprès des autorités civiles, refusant ainsi implicitement ou explicitement le droit communautaire seul applicable au Liban à leur statut personnel. Dans le cadre de leur combat pour un Liban laïc, Nidal Darwiche et Khouloud Sukkarieh avaient demandé, conformément à une loi datant de 2011, que l'autorité supprime de leur état civil la mention de leurs confessions sunnite et chiite. Leur mariage a été reconnu et validé par les ministères libanais de la Justice et de l’Intérieur, et inscrit dans les registres d’état civil.

    Le président Michel Sleiman plaide pour la reconnaissance du mariage civil

    Si le chrétien maronite Michel Sleiman, président de la République libanaise, plaide pour la reconnaissance du mariage civil dans le cadre de la mise en place d’un "Etat laïc moderne", ce n'est pas le cas du cheikh sunnite Mohammad Rachid Kabbani, mufti de la République. Le 12 février dernier, Kabbani faisait connaître la position officielle de l’autorité sunnite: "Tout responsable musulman qui approuve la légalisation du mariage civil est considéré comme apostat et traître à la religion musulmane!"

    Samedi 19 octobre, Nidal Darwiche et Khouloud Sukkarieh, les heureux parents du premier bébé inscrit au Liban "sans appartenance religieuse", ont publié sur les réseaux sociaux une photo du registre d’état civil de Ghadi, commentée par des internautes les félicitant pour cet heureux événement. Dimanche 27 octobre, le chef de l’Etat libanais a applaudi l’initiative des deux parents dans un tweet très remarqué, note le quotidien francophone libanais "L'Orient-Le Jour". Le journal note que selon un sondage, 51% des Libanais seraient favorables au mariage civil facultatif. (apic/orj/be)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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