Léon XIV a enjoint à respecter les droits et la vie privée des personnes, en recevant un millier de dirigeants et fonctionnaires du renseignement italien, ce 12 décembre 2025, au Vatican. Devant ces « espions », le pape a aussi pris la défense de l’Église catholique dans les pays où les services secrets « agissent à des fins malveillantes en opprimant sa liberté ».
Cette audience avait lieu dans le cadre du centenaire de la naissance (1925) d’un système structuré pour la protection de la sécurité de l’État italien. Le pontife a salué leur « travail exigeant », ainsi que la « compétence, transparence et discrétion » de ces agents du renseignement, qu’il a appelés à servir avant tout « la défense de la paix ».
Dans leur mission qui comporte le recueil d’informations sur des individus, le chef de l’Église catholique les a exhortés à respecter « toujours et en toutes circonstances » la dignité de la personne humaine. Il a incité à protéger « les droits des personnes, leur vie privée et familiale, la liberté de conscience et d’information » et « le droit à un procès équitable ».
Au fil de son discours, Léon XIV a plaidé pour un encadrement des activités des services secrets par « des lois dûment promulguées et publiées ». Il a aussi recommandé « le contrôle et la vigilance de la magistrature » et des « contrôles publics et transparents » sur les budgets.
Face à « la révolution numérique » – une des préoccupations du pontife américain –, le pape a invité à garder « une vigilance critique » sur les « fake news, l’exposition indue de la vie privée, la manipulation des plus fragiles, […] l’incitation à la haine et à la violence ». « Il faut veiller rigoureusement à ce que les informations sensibles ne soient pas utilisées pour intimider, manipuler, faire chanter ou discréditer le service de responsables politiques, de journalistes ou d’autres acteurs de la société civile », a-t-il insisté en appelant les espions à viser une « haute stature morale »
Le successeur de Pierre a alors demandé cette même vigilance envers l’Église : « Dans plusieurs pays, l’Église est victime de services de renseignement qui agissent à des fins malveillantes en opprimant sa liberté », a-t-il glissé – sans toutefois nommer de pays en particulier.
Durant cette audience, Léon XIV a fait mémoire des agents « qui ont perdu la vie dans des missions délicates menées dans des contextes difficiles ». Il a aussi exprimé sa reconnaissance pour les efforts des services de renseignement italiens « pour garantir la sécurité du Saint-Siège et de l’État de la Cité du Vatican », en collaborant avec la gendarmerie vaticane. (cath.ch/imedia/ak/mp)