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    Serbie : L’Eglise orthodoxe demande des "funérailles dignes" pour Slobodan Milosevic

    Des obsèques prévues samedi dans sa ville natale

    Belgrade, 17 mars 2006 (Apic) Le responsable de l’Eglise orthodoxe serbe a adressé ses condoléances à la famille de Slobodan Milosivc, décédé le 11 mars, et a réclamé des "funérailles dignes" dans sa terre natale. Le patriarcat de Moscou reproche de son côté au Tribunal pénal international d’avoir rejeté une demande de traitement médical de Milosevic en Russie.

    "Chacun a un droit inaliénable à une tombe et à des funérailles dignes, en particulier les gens qui, comme Slobodan Milosevic, ont marqué leur époque et les événements historiques aussi bien pour la nation serbe que pour d’autres nations pendant une période difficile", a déclaré le 15 mars le patriarche Pavle dans un communiqué repris par l’agence d’information oecuménique ENI. Les obsèques de Slobodan Milosevic sont prévues le 18 mars dans sa ville natale de Pozarevac, à l’est de la Serbie.

    Par ailleurs, un porte-parole de l’Eglise orthodoxe russe a reproché au Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie d’avoir rejeté la demande de Slobodan Milosevic d’aller à Moscou pour suivre un traitement médical. "Nous savons que le peuple serbe éprouve des sentiments mitigés à propos de la personnalité de leur ancien leader - ce n’est pas à nous de juger ses réactions à l’heure où il va affronter le jugement de Dieu, dont nous ne pouvons nier la justesse", a affirmé le secrétaire du département des relations extérieures du Patriarcat orthodoxe russe, Nikolai Balashov, à l’agence russe Interfax. "Pourtant la suite des événements a montré que la décision du tribunal était inhumaine."

    Slobodan Milosevic est mort d’une crise cardiaque le 11 mars dans sa cellule, à la Haye, où il était jugé depuis février 2002 pour 66 chefs d’accusation - entre autres génocide, crimes de guerre et crimes contre l’humanité - liés à son rôle durant les guerres en Croatie, en Bosnie-Herzégovine, et au Kosovo entre 1991 et 1999.

    Commémorations en Serbie, Bosnie et Russie

    Des services commémoratifs ont été célébrés dans les églises orthodoxes de Serbie et Monténégro, en République Srpsak de la Bosnie-Herzégovine, et également en Russie, où son épouse vit en exil avec des membres de sa famille depuis 2003 après qu’une instruction eut été ouverte dans son pays pour corruption et abus de pouvoir.

    Selon le vicaire général de l’archidiocèse catholique romain de Sarajevo, Matko Zovkic, en Bosnie, où 270’000 civils, pour la plupart musulmans, sont morts durant la guerre de 1992-95, les chefs religieux espèrent que le Tribunal international poursuivra son travail et exigera des criminels de guerre des Balkans qu’ils rendent des comptes. "Milosevic a échappé à la justice des hommes, mais il ne peut échapper à la justice de Dieu", a déclaré Matko Zovkic, à l’agence ENI. (apic/eni/bb)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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