Une confiance "sévèrement ébranlée"
Belgrade, 20 janvier(APIC) Après l’accord de cessez-le-feu en Yougoslavie,
la confiance de l’Eglise orthodoxe serbe dans les dirigeants serbes est
"sévèrement ébranlée". L’Eglise orthodoxe serbe craint un "lâchage" de la
minorité serbe de la Croatie et se déclare "profondément déçue" que le
peuple serbe a été "trahi par ses amis traditionnels dans la Communauté
européenne et en Europe".
Le Saint-Synode de l’Eglise serbe orthodoxe estime, dans une déclaration
adoptée lors de sa dernière réunion à laquelle participaient le premier ministre serbe Slobodan Milosevic et le président de la République serbe autoproclamée de la Krajina (en Croatie) que les responsables de la République de Serbie, du gouvernement fédéral et de l’armée fédérale "n’ont pas le
mandat de représenter tout le peuple".
Les responsables religieux serbes affirment que l’on ne peut pas négocier dans le dos des populations serbes qui se trouvent dans les frontières
administratives de la Croatie, des "frontières contre nature, trouvaille de
l’internationale communiste". Et le Saint-Synode d’affirmer que c’est son
devoir de s’engager pour les droits du peuple serbe également en Bosnie et
dans tous les autres territoires peuplés de Serbes. Il en appelle par
conséquent à toutes les instances européennes afin qu’elles s’engagent pour
la reconnaissance, la protection et la garantie de ces droits. L’Eglise
orthodoxe serbe soutient certes le déploiement de casques bleus de l’ONU,
mais sur le front. A son avis, les troupes de la paix de l’ONU ne devraient
pas être utilisées à mauvais escient et servir à imposer des solutions
politiques et juridiques préjudiciables. (apic/kpr/be)