Mgr Milutin, évêque orthodoxe serbe de Valjevo, une ville située à 100 km au sud-ouest de Belgrade, est décédé dans la nuit du 29 au 30 mars 2020 des suites du coronavirus, a annoncé le 30 mars la radio de l’archevêché de Belgrade.
Hospitalisé il y a seulement quelques jours après avoir été testé positif au coronavirus, l’évêque de l'Eglise orthodoxe serbe Milutin Knezevic est décédé au Centre hospitalier "Dragiša Mišović" à Belgrade.
Entré au monastère à l'âge de 14 ans
L'évêque, né le 10 janvier 1949 dans le village de Mijaci, près de Valjevo, est entré à l’âge de 14 ans au monastère de Kaona, où il fut novice jusqu’en 1963, puis ordonné diacre. En 1967, il fréquenta l’école monastique du monastère d’Ostrog, puis entra au monastère de Kaona, dont il devint doyen et recteur.
Après ses études secondaires au séminaire "Saint-Sava" de Belgrade, il poursuivit son cursus à la Faculté de théologie orthodoxe de Belgrade. Après avoir terminé sa première année, il partit aux Etats-Unis et reçut plus tard le diplôme de l’Ecole de Théologie Saint Sava à Libertyville, dans l'Etat américain de l'Illinois.
Retour en Serbie
Après avoir été secrétaire du diocèse serbe du Canada et prêtre de paroisse, il revint en Serbie en tant qu’higoumène du monastère de Kaona. Avec l’aide de la communauté monastique, il contribua notablement au développement du monastère. Il fut un temps évêque d’Australie et de Nouvelle-Zélande, avant de revenir en Serbie et de prendre la tête du diocèse de Valjevo, en mai 2006.
Durant son épiscopat à la tête du diocèse de Valjevo, il fit construire et rénover plusieurs églises et montra un grand intérêt pour la catéchèse. Il a beaucoup développé les activités caritatives des fraternités et des sororités diocésaines et a modernisé les moyens de communication de l’Eglise. Il a mis sur pied de nombreuses assemblées de prière rassemblant des orthodoxes du monde entier.
L'évêque Milutin est également connu comme écrivain et théologien, avec des articles théoriques publiés dans de grands magazines théologiques. (cath.ch/orthochristian.com/be)
L'Eglise orthodoxe serbe maintient la communion des fidèles
Dans un communiqué, l'Eglise orthodoxe serbe déclare vouloir respecter les dernières recommandations du gouvernement serbe selon lesquelles, afin d’arrêter la propagation du virus Covide-19, "les rites religieux dans les églises et en plein air seront effectués sans la présence des fidèles". Elle exhorte tout le clergé, moines et fidèles à respecter les prescriptions de l’Etat et les règles de vie ecclésiale prescrites par le Saint-Synode.
Elle affirme cependant sans ambages qu'elle "n’interrompra pas les offices de la sainte liturgie ni la communion des fidèles, car c’est une question qui ne peut être débattue: c’est le fondement de notre foi dans le Dieu vivant. En pratique, cela signifie qu’il y aura un prêtre (ou des prêtres) avec un diacre, des chantres et un sacristain (selon les besoins et les occasions) dans les églises pendant les offices".
Elle exhorte tous les fidèles de plus de 65 ans, ainsi que ceux qui ont un moins bon état de santé et une faible immunité, "à s’abstenir de venir dans les églises pour les offices dans les jours et les semaines à venir, afin de ne pas se mettre eux-mêmes et les autres en danger". En précisant que "le risque n’est pas la sainte communion (au contraire, nous le recevons, entre autres, 'pour la guérison du corps et de l’âme')", mais le réel danger vient du virus, "indépendant de la sainte communion, en raison de son expansion presque à chaque pas ces derniers temps".
"Nous donnons notre bénédiction à nos fidèles, avec amour paternel, pastoral et responsable, pour suivre les offices sacrés diffusés en direct à la télévision, à la radio ou sur les sites internet ecclésiastiques, et pour convenir avec leurs prêtres de paroisse du moment de la communion dans leurs foyers. D’autres sacrements, en particulier le baptême, devraient être reportées jusqu’à la normalisation de la situation et, en cas d’urgence, l’adapter aux mesures d’état d’urgence. Les obsèques doivent se dérouler avec le moins de participants possible". JB