Septième journée du pape aux Etats-Unis (170987)
Los Angeles, 17septembre(APIC/CIP) C’est par la consécration des EtatsUnis à la vierge mercredi soir au Dodgers Stadium de Los Angeles que le pape Jean Paul II a conclu la septième journée de sa visite pastorale aux
Etats-Unis. Cette journée - considérée d’ores et déjà comme le point culminant de cette visite de dix jours - a été essentiellement marquée par un
dialogue franc et intense avec les éveques américains. Le Saint-Père a en
quelque sorte rappelé à l’ordre une Eglise catholique américaine jugée trop
indépendante.
"Vous devez toujours etre en communion avec le successeur de Pierre", a
déclaré le Souverain Pontife aux 328 membres de la Conférence épiscopale
des Etats-Unis rassemblés à la Mission San Fernando de Los Angeles. Le pape
a condamné "la tendance des catholiques américains à etre sélectifs quant à
leur adhésion aux enseignements moraux de l’Eglise sur l’avortement, la
contraception, le divorce ou l’homosexualité". "Ainsi, a-t-il ajouté, c’est
une grave erreur de penser que l’on peut etre totalement catholique en
étant en désaccord avec le magistère".
Rappel de la dimension verticale de l’Eglise
C’est donc la dimension verticale de l’Eglise que le pape a rappelée.
Point par point, Jean Paul II a réaffirmé son message. Ainsi, sur le role
des femmes revendiquant l’accès au sacerdoce : "La dignité de la femme est
égale à celle de l’homme, a-t-il dit, mais les femmes ne sont pas appelées
à la pretrise". Aux éveques américains, dont certains ont créé une pastorale pour les homosexuels, le pape - bien que soulignant la dignité de ces
derniers - a demandé d’expliquer clairement l’enseignement de l’Eglise (qui
interdit l’acte homosexuel).
L’archeveque de Cincinnati, dans l’Ohio, Mgr Daniel Bilarczyk, a indiqué
que l’atmosphère de la rencontre avait été très cordiale, que les éveques
américains avaient décrit au pape les réalités de l’Eglise américaine. "Le
Saint Père, a-t-il ajouté, a répondu sur le plan des principes et de l’encouragement". Ce dialogue "franc et intense" avec les éveques a duré plus
longtemps que prévu. Commencé à 10h15 (heure locale), il s’est terminé à
midi trente. Après chacune des quatre interventions d’éveques, le pape
répondait. Aucun journaliste n’avait été admis à cette rencontre. Les
médias ont été informés ensuite par une conférence de presse.
Rencontre avec Nancy Reagan
Le pape a pris ensuite son repas avec les éveques dans le jardin du petit séminaire, puis, grace à un hélicoptère de l’US Air Force, il est arrivé à 15h (heure locale, minuit à Rome) à l’école catholique de l’Immaculée Conception. Là, il fut accueilli par Mme Reagan, qui l’a accompagné
dans une des classes pour une rencontre brève avec une vingtaine d’enfants
de dix à douze ans. Mme Reagan dira là un mot sur la lutte contre la drogue
et remerciera le pape pour son action personnelle et pour ses interventions
en ce domaine, comme il l’a fait à La Nouvelle Orléans et à Rome.
Le pape catholique rappellera quant à lui que l’école catholique doit
aider à préparer les élèves à leur avenir, "écoles catholiques qui sont importantes, a-t-il répété plusieurs fois, pour l’Eglise et pour votre pays".
"Pensez, dira le pape aux enfants en terminant, à la parole du Christ :
"Traitez les autres comme vous voudriez que l’on vous traitat vous-memes"."
Rencontre avec les représentants des autres religions
Avant de célébrer une messe en plein air, le pape devait ensuite reconnaitre la diversité ethnique et religieuse de la grande métropole californienne en rencontrant les représentants des religions bouddhiste, hindouiste, musulmane et juive au Centre culturel japonais. "La forme et le contenu de nos prières sont très différents et il ne peut etre question de les
réduire à un dénominateur commun, a déclaré Jean Paul II à Assise. Chacun
prie selon son propre chemin".
Les Etats-Unis sont un monde de peuples et de religions : trois millions
de musulmans, trois millions de bouddhistes, 600’000 hindous, 7 millions de
juifs. Au Centre culturel japonais de Los Angeles, un pretre bouddhiste
souhaite tout d’abord la bienvenue à Jean Paul II, puis aussitot un autre
prononce le premier discours dans lequel il déclare que la paix est une
vieille tradition bouddhiste. "Los Angeles, dit-il, est une cité ou il y a
collaboration et communication entre les religions". Il rappelle alors la
journée d’Assise et souligne l’action heureuse dans ce domaine du cardinal
Manning. Il ajoute que la tradition bouddhiste, depuis trente-cinq siècles,
preche la compassion et l’amour gracieux pour tous les etres. Il souhaite
au pape en terminant : "Bonne santé, courage, détermination et longue vie!"
Bref interlude musical et la parole est au représentant de l’islam. Celui-ci note que la moitié de l’humanité renie Dieu. Beaucoup de l’autre
moitié, précise-t-il, lui désobéissent. Il demande le respect des différences religieuses et que nul ne se permette de mépriser les autres.
C’est le tour de l’hindou Swami Swahananda, qui salue dans le pape
l’homme qui promeut la paix. "Tout affrontement vient finalement de
l’égoisme, dit-il. Les politiques basées sur la force ne peuvent apporter
la paix. C’est une grande opportunité que les chefs religieux s’unissent
pour créer un mouvement de paix et d’amitié pour sauver le monde de la
destruction. La religion demeure le meilleur de l’homme". Avec une pointe
d’humour, mais avec conviction, le porte-parole des juifs souligne alors le
role du Concile Vatican II pour une meilleure entente entre les religions.
Il compare les voyages du pape à ceux de Saint Paul : "Vous avez, dit-il au
pape, construit un pont visible entre le particulier et l’universel".
Cette journée s’est achevée donc au stade de base-ball de Dodgers, avec
la participation de 65’000 fidèles, de centaines de pretres, de 340 éveques. L’ambiance créée avant l’arrivée du pape par des manifestations
folkloriques dignes d’un Hollywood tout proche : somptuosité, lumière, couleur et musique, une messe un tantinet grandiloquente dans le décor de ce
stade. (apic/bdc/be)