Il y a sept ans jour pour jour, le 13 mars 2020, le pape François a été élu sur le trône de Pierre. L'année 2020, marquée par des enjeux considérables, s'avère déterminante pour le 266e pape de l'histoire. Afin de mieux en prendre la mesure, I.MEDIA vous propose de revenir sur les pontificats de ses deux prédécesseurs à la même étape.
Le
jour du septième anniversaire de son pontificat, le 16 octobre 1985,
Jean Paul II avait seulement 65 ans. C’est en ce jour même que le
pontife a annoncé le lancement de la rédaction de la nouvelle
constitution apostolique pour réformer la Curie romaine qui sera plus
tard intitulée Pastor Bonus. Celle-ci a abouti plus de deux ans
et demi plus tard et, est à l’heure actuelle la dernière constitution
apostolique en date, en attendant celle du pape François.
Après
sept ans de pontificat, le pape Jean Paul II a déjà très largement
marqué de son style si novateur l’Eglise et le monde entier, qu’il a
interpellé dès la messe inaugurale de son pontificat le 22 octobre 1978
par son célèbre “N’ayez pas peur !“. Le 264e pape s'est alors
aussitôt forgé une réputation de globe-trotter. Ses premières années ont
été l’occasion de déplacements importants. Il y a eu le voyage au
Mexique, occasion d’un recadrage sévère des excès de la théologie de la
libération, dès 1978. Il renouvellera cette condamnation plus fortement
encore en 1983.
Moins
d’un an après avoir été élu, il s'est rendu dans sa Pologne natale,
ouvrant déjà une brèche dans le rideau de fer. Sur la place du marché
principal de Cracovie, dans son ancien diocèse, le pape a alors fait un
plaidoyer pour l’indépendance de la Pologne et les droits de l’homme. Le
syndicat Solidarnosc n'était pas encore connu, mais la foule priante
savait déjà qu’elle pouvait compter sur 'son pape'.
Jean Paul II achève seulement la première partie de son pontificat
Le
pape polonais a même été le premier pape à se rendre à la Maison
Blanche, répondant à l’invitation de Jimmy Carter en 1979. On retient
par ailleurs son attrait pour la nage dans la piscine du Castel
Gandolfo, le ski ou la randonnée. En 1984, il organisait même un Jubilé
du sport au Vatican, lui donnant une place importante au
Vatican. Dénotant par son énergie et ce goût pour le sport, Jean Paul II
a donc largement eu le temps pendant ces sept années d'accroître sa
popularité.
Mais
sa santé s'est fortement dégradée après la terrible tentative
d’assassinat lors de l’audience générale du 13 mai 1981, lors de
laquelle un jeune Turc a atteint le pontife de trois balles. Survivant
miraculeusement, il en est donc ressorti affaibli, même si les séquelles
ont surtout été visibles des années plus tard. Une deuxième attaque au
couteau par un intégriste espagnol à Fatima en 1982, moins grave que la
précédente a été cachée au grand public, le pape terminant son voyage
sans révéler sa blessure.
Après
sept ans de pontificat, le pontife polonais avait aussi déjà rédigé
quatre encycliques et quatre exhortations apostoliques, soit plus que
ses deux successeurs (François, par exemple, n'a publié aujourd'hui que
deux encycliques, mais cinq exhortations). A cette époque, Jean Paul II
s'était aussi déjà rendu dans 25 pays, sept de moins que le pape
François. Mais il n'en était qu'à ses débuts : encore vingt années de
pontificat l'attendaient, riches en enseignements pour l'Eglise
universelle.
Benoît XVI face aux abus sexuels dans l'Eglise
Le
pape Benoît XVI avait pour sa part 84 ans, le jour du septième
anniversaire de son pontificat le 19 avril 2012, soit à peine un an de
moins que l’âge auquel son saint prédécesseur est décédé. Le jour du 7e
anniversaire de son pontificat, la directrice d'alors de la rédaction
francophone de Radio Vatican,
Romilda Ferrauto, a souligné que le pontife n’avait "pas été épargné
durant ses 7 années de pontificat, par les critiques et les malentendus,
les scandales et les dysfonctionnements". En proie aux luttes contre
les abus sexuels commis dans l’Eglise et les scandales financiers de
l’autorité financière du Vatican, Benoît XVI a condamné alors cette
année tout p&e
acute;ché commis dans l’Eglise comme "la pire des persécutions pour
l’Eglise".
A
l'opposé de ces complications, le début du pontificat de Benoît XVI
avait été marqué par une belle image, celle de sa remontée en bateau du
Rhin pour rejoindre la cathédrale de Cologne lors des Journées mondiales
de la jeunesse en 2005 organisées dans son pays natal. Son déplacement
suivant, le premier dépendant entièrement de son choix, l'a mené en
Pologne en 2006, dans les pas de son prédécesseur. Lors de ce voyage
apostolique, son passage à Auschwitz, où, "comme le fils du peuple
allemand", il dénonça l’horreur de la Shoah, a été l'un des moments les
plus émouvants de son pontificat.
Sous Benoît XVI, se préparent Cuba et Abou Dabi
La
même année, il est également retourné en Allemagne, et c’est pendant
son passage à l’université de Ratisbonne qu'a été prononcé son discours
sur le fanatisme religieux, source de tant de malentendus. De nombreux
autres voyages se succèdèrent. Conscient du changement d’époque que
connaissait alors le monde, il est intervenu de nombreuses fois sur les
grands thèmes de société de son temps. On pense notamment à son discours
de Noël en 2005 où il rappela que sans "réveil spirituel", "l’homme de
l'ère technologique risque d'être victime des succès mêmes de son
intelligence".
Il
a aussi fait un grand pas en avant pour l’unité des chrétiens en
initiant la rencontre historique du Patriarche œcuménique Bartholomée à
Istanbul (Turquie) en 2006. C'est aussi à la fin de son pontificat
qu'ont été préparées deux rencontres clés vécue par le pape François :
celle avec le patriarche russe Kiril du 12 février 2016 à Cuba, et celle
avec le grand imam d'Al-Azhar à Abou Dabi (Emirats arabes unis) le 4
février 2019.
En 2012, moins d’un an avant sa renonciation, le "pape théologien", éducateur de talent, avait rédigé trois grandes encycliques, ainsi que trois de ses quatre exhortations apostoliques. Il avait aussi effectué 23 voyages apostoliques, nettement moins que Jean-Paul II et le pape François (32, jusqu'ici). A ce moment de son pontificat, le pape paraîssait fatigué, mais nul ne s’attendait à ce qu’un an plus tard, il renonce au trône de Pierre. (cath.ch/imedia/cd/mp)