Pour sa première messe des Cendres en tant que pape, le 18 février 2026, Léon XIV a appelé les catholiques à «assumer courageusement» leurs responsabilités face au «mal commis». Au début de ce carême, il a donné en exemple les plus jeunes qui «ressentent l’appel de ce jour» et qui croient qu’un «monde plus juste est possible».
Comme le veut la tradition, le pontife américano-péruvien a célébré cette messe du mercredi des Cendres à la basilique Sainte-Sabine, située sur la colline romaine de l’Aventin, à Rome, après une procession initiée à la basilique Saint-Anselme. L’an dernier, le pape François n’avait pas pu participer à cette célébration, étant hospitalisé.
«Le carême, aujourd’hui encore, est un temps fort de communauté», a souligné le pape tout en reconnaissant «combien il est de plus en plus difficile de rassembler les gens et de se sentir comme un peuple». Les communautés que les catholiques sont appelés à construire doivent grandir «non pas de manière nationaliste et agressive, mais dans une communion où chacun trouve sa place», a-t-il prévenu.
Mise en garde contre de véritables «structures de péché»
Léon XIV a appelé à affronter le mal «présent dans la vie de chacun» en assumant «courageusement ses responsabilités». «Nous devons reconnaitre que c’est une attitude à contre-courant […] mais une véritable alternative honnête et attirante», a déclaré le pape.
Si le péché est «toujours personnel», il prend forme dans les «milieux réels et virtuels» que nous fréquentons, a mis en garde Léon XIV. Dénonçant de «véritables 'structures de péché’ d’ordre économique, culturel, politique et même religieux» dans lesquelles les hommes s’enferment, le pape a appelé à opposer Dieu à l’idolâtrie. Faire cela, «c’est oser la liberté», a-t-il affirmé face à l’assemblée, notamment composée de 25 cardinaux.
Les jeunes donnés en exemple
«Comme il est rare de trouver des adultes qui se repentent, des personnes, des entreprises et des institutions qui admettent avoir commis des erreurs», s’est désolé le pontife, voyant dans le carême une opportunité de changement.
Le pape s’est réjoui que «de nombreux jeunes, même dans des contextes sécularisés, ressentent plus que par le passé l’appel de ce jour, le mercredi des Cendres.» Il a appelé à s’inspirer d’eux, qui ont plus conscience que leurs aînés «qu’un mode de vie plus juste est possible et qu’il existe des responsabilités quant à ce qui ne va pas dans l’Église et dans le monde.»
Le pape a ensuite rendu hommage à son prédécesseur Paul VI qui «voulut célébrer publiquement le rite des cendres», il y a soixante ans. Le pape italien avait dénoncé à l’époque les courants de pensée qui, la plupart du temps, proclament «l’immense tristesse de la vie, la métaphysique de l’absurde et du néant». «Nous pouvons aujourd’hui reconnaître la prophétie que contenaient ces paroles et sentir, dans les cendres qui nous sont imposées, le poids d’un monde en feu», a déclaré Léon XIV.
«Reconnaître nos péchés est un présage de la résurrection»
Dans une longue énumération, le pontife américano-péruvien a déclaré qu’en ce jour, les catholiques revêtaient les cendres «du droit international», «de la justice entre les peuples», «d’écosystèmes entiers», «de la concorde entre les personnes», «de la pensée critique» ou encore «les cendres de ce sens du sacré qui habite toute créature». Néanmoins, «reconnaitre nos péchés pour nous convertir est déjà un présage et un témoignage de la résurrection», a souligné le 267e pape, appelant à «ne pas s’arrêter dans les cendres, mais se relever et reconstruire».
Après son homélie, Léon XIV a reçu les Cendres de la main du cardinal Angelo De Donatis, pénitencier majeur, qui avait célébré cette liturgie à la place du pape François l’an dernier. La période du carême s’achèvera à l’occasion de la fête de Pâques, le 5 avril prochain, lors de laquelle les catholiques célèbrent la résurrection de Jésus Christ. (cath.ch/imedia/cz/rz)