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    La Fédération Internationale des Droits de l’Homme interpelle Wade

    Sénégal: Les menaces contre les évêques inquiètent les défenseurs des droits humains

    Dakar, 11 janvier 2004 (Apic) Les menaces contre les évêques catholiques et les membres de "Présence Chrétienne", une association des cadres et intellectuels catholiques du Sénégal, sont prises au sérieux et inquiètent les défenseurs des droits humains dans le pays et à l’étranger. La Fédération Internationale des Droits de ’Homme (FIDH) a interpellé le président sénégalais Abdoulaye Wade, l’enjoignant de faire "toute la lumière" sur ces menaces et de prendre "des sanctions appropriées" contre leurs auteurs.

    Exigeant une protection de la communauté chrétienne, les intellectuels chrétiens ont adressé une sévère mise en garde contre toute atteinte visant leur communauté. La FIDH, par la voix de son président, l’avocat Sidiki Kaba, s’est déclarée "vivement préoccupée par la situation de la liberté d’expression au Sénégal", à la suite des menaces de morts contre l’archevêque de Dakar et d’autres évêques du pays.

    Les intellectuels de "Présence Chrétienne" également dans le collimateur

    La FIDH "note avec satisfaction" la déclaration du président Wade qui s’est publiquement engagé à télévision publique sénégalaise à constituer "le rempart le plus sûr de protection de la communauté chrétienne".

    Selon l’Organisation Nationale des Droits de l’Homme du Sénégal (Ondh), une lettre manuscrite, signée d’un mystérieux "Cercle des Jeunes d’Acier" (Cja), a été adressée le 9 décembre dernier à Mgr Théodore Adrien Sarr, archevêque de Dakar et président de la Conférence Episcopale du Sénégal (Ces) pour menacer de mort des dignitaires de l’Eglise catholique. Ils sont accusés d’avoir critiqué la situation sociopolitique nationale lors d’une session à Tambacounda (Est), le 29 novembre 2003.

    Malheur aux citoyens critiques

    "Nous constatons que chaque fois qu’un citoyen sénégalais émet une critique ou une opinion divergente sur la gestion des affaires du pays, il est immédiatement victime d’une menace", souligne l’avocat Sidiki Kaba. Et de mentionner à ce propos les cas d’un journaliste, auteur d’un livre très critique sur "Wade au pouvoir, l’alternance piégée", et de deux opposants politiques dont l’un a été violemment agressé à coup de marteaux, début octobre pour avoir mis sur le marché une cassette musicale plus flatteuse sur la politique nationale du président Wade.

    De son côté, "Présence Chrétienne", qui regroupe des cadres et intellectuels catholiques du Sénégal, a révélé avoir reçu les mêmes menaces que celles des évêques. Elle indique, dans un communiqué, avoir "préféré géré le problème avec les évêques sans la rendre publique". Elle remercie "tous les élans de solidarité manifestés par les hommes de bonne volonté et de toute confessions religieuses confondues". Tout en appelant les chrétiens à la vigilance et à la sérénité, "Présence Chrétienne" déclare qu’elle "ne tolérera pas qu’on touche à un seul membre de la communauté (chrétienne), encore moins à ses évêques". (apic/ibc/be)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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