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    Sénégal: Le parlement adopte la loi contre l’excision

    Dakar, 15 janvier (APIC) Le parlement sénégalais, malgré une forte réticence des milieux islamiques et traditionnels du pays, a voté dans sa grande majorité une nouvelle loi controversée sur l’interdiction de la pratique de l’excision.

    L’influent chef musulman, le Khalif Thierno Mountaga Tall de la confrérie des tidjanes a condamné cette nouvelle disposition. Elle traduit, selon lui, "la satanique mission d’évangélisation qui se manifeste par ses activités dans notre territoire, soutenue par les médias et des groupes de présumes savants de l’islam chez nous".

    La nouvelle loi prévoit que toute personne reconnue coupable d’atteinte "à l’intégrité d’un organe génitale" féminin par ablation totale ou partielle de ses éléments, sera punie par une peine d’emprisonnement de six mois à cinq ans.

    Le nouveau texte législatif a été soumis par le gouvernement dans le cadre de sa lutte contre cette pratique vieille de plus de 2000 ans en Afrique. Cette lutte a été précédée d’une mobilisation des associations féministes du Sénégal au nom de la santé et des droits de la femme. Elles ont été soutenues dans leur démarche par le président Abdou Diouf qui a demandé l’organisation d’un débat national sur l’excision "afin de changer les anciennes pratiques dans ce domaine".

    Les mouvements qui militent en faveur des droits humains se sont réjouis de ce changement législatif, mais demandent maintenant que l’éducation des femmes soit renforcée en langues nationales. Le Sénégal compte officiellement neuf langues nationales parlées. En réalités, plus d’une dizaine de langues locales sont parlées dans le pays. L’excision est très pratiquées dans les régions reculées du pays.

    En plus de la condamnation du chef musulman, d’autres islamogues sénégalais et députés islamistes ont élevé leurs voix. Selon l’UNICEF, plus d’un million de sénégalaises ont subi l’excision. (apic/ibc/pr)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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