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    Sénégal: L’abbé Senghor lance un nouvel appel au cessez-le-feu en Casamance

    Dakar, 14 janvier 1998 (APIC) L’abbé Augustin Diamacoune Senghor, fondateur du Mouvement des Forces Démocratique de Casamance (MFDC), guérilla sécessionniste du sud du Sénégal, a lancé mardi un nouvel appel au cessez-le-feu et proscrit la violence armée qui ensanglante la région méridionale du pays.

    "Plus de pose de mines, plus de tueries de populations civiles, plus de destructions de maisons, d’ouvrages d’art, plus de vol (...)", a-t-il déclaré, ajoutant que quiconque veut en faire à sa tête et refuse d’obéir, "en répondra devant Dieu et devant l’histoire".

    Le vieux leader séparatiste, ancien curé de la paroisse de Kaffountine (ouest de Ziguinchor, la capitale régionale) dont l’appel a été diffusé par toutes radios sénégalaises, est apparut affaibli et légèrement voûté, supportant difficilement ses 70 ans. Il était entouré des membres du comité clérical pour la gestion de la paix en Casamance, mis en place par l’Eglise de Ziguinchor.

    L’abbé Senghor a dénoncé et condamné énergiquement les auteurs des actes de violence, d’agression, appelant cependant à des négociations entre le gouvernement et son mouvement; sans toutefois a préciser la nature de celles-ci. Il a lancé son appel assis à une table recouverte d’un drap blanc portant le dessin d’une colombe blanche. Mais contrairement aux fois précédentes la télévision sénégalaise n’a pas été autorisée à filmer la déclaration.

    Depuis l’été dernier, la Casamance subit l’intensification des combats entre l’armée sénégalaise et les indépendantistes du MFDC. Ces affrontements ont fait près d’un millier de victimes civiles et militaires, et provoqué des déplacements massifs de populations. L’Eglise sénégalaise qui s’est investie dans la recherche de solution pacifique à la crise, a accueilli favorablement la déclaration de l’abbé Diamacoune Senghor. Mgr Pierre Sagna, archevêque de Saint-Louis et président de la conférence épiscopale du Sénégal, a indiqué que le prélat était depuis longtemps dans de bonnes dispositions de paix, mais qu’il n’a plus la maîtrise sur ses hommes, notamment sur l’aile extérieure de la rébellion à l’étranger. Mandaté par ses pairs, Mgr Sagna a eu plusieurs rencontres en tête a tête avec l’abbé Diamacoune Senghor depuis septembre dernier. (apic/ibc/mp)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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