Un prêtre, "cerveau de la rébellion", invité à s’amender
La lutte pour l’indépendance de la Casamance "est utopique et inacceptable"
Dakar, 20décembre(APIC) Les évêques du Sénégal, ainsi que les évêques de
Mauritanie, des îles du Cap Vert et de Guinée Bissau, ont publié une déclaration dans laquelle ils font part de leur "inquiétude et souffrance" devant les événements tragiques qui se produisent depuis plusieurs années en
Casamance. "La situation ainsi faite à tant d’innocents sans défense est
intolérable", protestent les prélats, avant de désavouer un prêtre indépendantiste, l’abbé Augustin Diamacoune Senghor, invité à s’amender. Les
évêques condamnent aussi fermement toute idée d’indépendance pour la Casamance, au sud du Sénégal. Une lutte qu’ils estiment utopique et inacceptable.
Poursuivant les multiples démarches entreprises dans le passé, les évêques lancent un appel pressant "pour la sauvegarde de l’unité nationale",
une unité qui est "le principe vital de l’existence même du pays depuis
l’origine de la nation sénégalaise, principe intangible, établi historiquement et juridiquement garanti par la communauté internationale".
Les évêques précisent qu’"une telle unité ne peut se refermer sur ellemême; qu’elle doit se situer harmonieusement dans un ensemble, tout en respectant et favorisant en son propre sein les particularités régionales,
ethniques et culturelles légitimes". Il est utopique et inacceptable, écrivent-ils, de rechercher une indépendance qui conduise à un morcellement anachronique et néfaste pour le pays et pour tous. Aujourd’hui plus que jamais, "il apparaît clairement que l’avenir du Sénégal, comme celui de tous
les peuples de la planètes, est justement - sans rien aliéner de sa propre
indépendance - de rechercher la coexistence harmonieuse à l’intérieur d’un
grand ensemble où le bien-être de tous peut naître de l’entente et de la
solidarité entre les diverses communautés".
Les évêques désavouent en outre un prêtre, l’abbé Augustin Diamacoune
Senghor, pour ses prises de position et son engagement au sein du mouvement
de rébellion indépendantiste de Casamance. Ce prêtre passe à leurs yeux
pour "être le cerveau" de l’organisation. Les prélats lui lancent un appel
pressant afin "qu’il accepte, avec ceux qui le suivent, de venir rejoindre
ses compatriotes, ses frères, à la table de négociation, pour un dialogue
sincère et ouvert..."
La Casamance, région située au sud du Sénégal, est traversée par le
fleuve côtier du même nom et coupée du reste du pays par la Gambie et la
Guinée Bissau. Un désir d’indépendance s’y est toujours manifesté. Celle-ci
est revendiquée par le Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance,
avec son aile militaire Attika. Des sources officielles à Dakar soutiennent
que les rebelles sont armés par la Mauritanie (l’ennemi héréditaire), mais
également par l’Irak, qui veut "faire payer au Sénégal le prix de sa participation à la guerre dans le Golfe aux côtés des alliés". (apic/cip/pr)