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    D’ici l’an 2’000, 75% de la population d’Amérique latine sera urbanisée

    Secourir les pauvres pour secourir les villes (160190)

    Genève, 16janvier(APIC) D’ici la fin du siècle, 17 des 20 plus grandes

    agglomérations urbaines du monde se trouveront dans les pays en développement, et des mégalopoles telles que Sao Paulo (Brésil) et Mexico compteront

    chacune quelque 25 millions d’habitants. Selon une étude publiée par le

    dernier bulletin "Informations OIT" (Organisation Internationale du Travail) à Genève, environ 75% de la population sera urbanisée en Amérique latine, 42% en Afrique et 37% en Asie.

    Dans la plupart des grandes villes du tiers monde d’aujourd’hui, estiment les auteurs, un quart au moins de la population vit dans la pauvreté

    la plus absolue. Et il est probable que la situation empirera, prévoit une

    récente étude du BIT (Bureau International du Travail) réalisée avec une

    contribution financière du Fonds des Nations Unies pour les activités en

    matière de population. L’investissement public tend à négliger les citadins

    les plus pauvres et à privilégier les groupes à revenu élevé.

    Autre constatation: d’innombrable millions d’habitants des taudis manquent cruellement d’eau, d’assainissement, d’hygiène, de garderie d’enfants, de services d’éducation et de santé. Quant aux routes ou infrastructures, elles sont éloignées de chez eux. Une absence désespérante de possibilités d’emploi et de formation force les pauvres à trouver un moyen

    d’existence dans la rue.

    Si les villes constituent par excellence des centres de production, de

    commerce et de consommation - plus le niveau d’industrialisation d’un pays

    est élevé, plus est fort son degré d’urbanisation -, dans le tiers monde,

    en revanche, l’urbanisation n’est pas un "moteur de développement" comme

    elle l’a été en Europe après la révolution industrielle. Les conditions

    sont diamétralement opposées, de même que les forces en jeu. Néanmoins, la

    viabilité économique des cités du tiers monde peut être considérablement

    accrue à condition que l’aide aux pauvres devienne une priorité, affirme

    l’étude.

    Plus démunis encore dans les villes

    Jusqu’ici, les efforts dans ce sens ont été modérés par la crainte d’accentuer le déséquilibre villes-campagnes et d’aggraver le problème. Si le

    nombre de logements, d’écoles, d’hôpitaux et d’emplois offerts dans les

    villes s’accroît, elles attireront plus de migrants encore, estimait-on. Ce

    raisonnement n’est pas entièrement convaincant, relèvent les auteurs. En

    termes de services sociaux, de santé et d’éducation, les pauvres des villes

    sont aussi démunis que ceux des zones rurales et plus encore, si l’on songe

    au surpeuplement et à l’insalubrité des conditions de vie dans les bidonvilles.

    En renonçant à créer des infrastructures urbaines ou des services sociaux et des logements, on entrave sérieusement l’efficience des économies et

    des marchés urbains tout en condamnant à une vie de misère la majorité des

    citadins, souligne l’étude qui explique: "La cause primordiale de la crise

    du logement et de l’extension des bidonvilles est évidente: les loyers et

    les prix, même des habitations les plus modestes, sont prohibitifs pour la

    majorité des pauvres. Il faut donc s’efforcer d’améliorer leur revenu tout

    en leur offrant un hébergement bon marché".

    La formation doit descendre dans la rue

    Le déplacement de la campagne vers la ville pour des millions de personnes a bouleversé pour sa part bon nombre de manière de vivre et rendu plus

    dure encore la chasse à l’emploi et plus difficiles aussi sont les moyens

    de subsister pour des millions de néo-citadins. Des millions de gens, dans

    les pays du tiers monde, gagnent ainsi leur vie dans ce que l’on appelle le

    secteur informel ou non structuré. Tailleurs et boulangers, cordonniers et

    menuisiers, marchands ambulants et cireurs de chaussures, chauffeurs de taxi ou réparateurs en tous genres, ne sont que quelques-uns des membres de

    cette cohorte grandissante de petits commerçants.

    En Amérique latine, le secteur non structuré donne ainsi du travail à

    près de 30 millions d’individus et représente 40% de l’emploi urbain. Dans

    les villes africaines, la proportion dépasse souvent 60%, et se situe entre

    40 et 70% en Asie. Pourtant, ce vaste secteur demeure le mal-aimé des économies nationales et ne reçoit guère d’encouragements, que ce soit en matière de crédit ou par le biais de la réglementation. Ce qui est certain,

    constate l’étude, c^est que les systèmes de formation des pays en développement sont axés sur les besoins présumés en main-d’oeuvre des entreprises

    du secteur moderne et ordinairement peu efficaces. Dans ces conditions,

    souligne-t-on enfin, comment les gens du secteur non structuré peuvent-ils

    apprendre leur métier pour survivre et prospérer? (apic/ioit/pr)

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