Schwyz: la Société des étudiants suisses fête ses 150 ans (290791)
Schwyz, 29juillet(APIC) La Société des étudiants suisses (SES) a célébré
en fin de semaine à Schwyz ses 150 ans d’existence. L’occasion pour les
milliers d’étudiants et de spectateurs présents de se rappeler l’importance
historique, sociale, religieuse et politique d’une Société qui compte aujourd’hui près de 8’500 membres dans toute la Suisse. La manifestation a
été marquée par la présence du président de la Confédération Flavio Cotti,
de Mgr Martin Gächter, évêque auxiliaire de Bâle et de Mgr Eugenio Corecco,
évêque de Lugano. Les membres réunis samedi en assemblée générale ont décidé de soutenir le référendum contre la loi sur les Ecoles polytechniques
fédérales (EPF).
Des milliers de spectateurs ont applaudi dimanche le cortège dans les
rues de Schwyz, berceau de la SES, qui y vit le jour le 31 août 1841. Quelque 4’000 étudiants et anciens - une participation record pour les dernières décennies - étaient présents à l’assemblée générale, qui a décidé de
soutenir le référendum contre la loi sur les EPF.
L’allocution finale de Flavio Cotti a été un point fort de la manifestation. Lui-même ancien de la SES, le président de la Confédération a souligné l’engagement social, politique et religieux des étudiantes et étudiants suisses. Il a relevé que la SES est un "pilier idéologique solide
dans la genèse de la Suisse d’aujourd’hui" par son effort en vue de "réconcilier le catholicisme politique, relégué dans un ghetto après la guerre du
Sonderbund en 1847, avec l’Etat fédéral d’inspiration libérale-radicale".
Sa tâche première est la formation civique comme contribution à la création
d’une véritable culture politique, d’un dialogue multiculturel et d’une entente confédérale.
Flavio Cotti a insisté sur la nécessité pour l’Eglise catholique de
s’ouvrir au monde moderne et de s’engager résolument dans la voie du pluralisme. Ainsi elle pourra remplir sa mission, qui est, selon le président de
la Confédération, de donner des orientations éthiques et de dénoncer les
chemins erronés où s’avance la société.
Pour une participation responsable
Pierre-Marie Halter, président des anciens, a pour sa part relevé l’importance politique de la SES: au départ initiative d’un groupe d’étudiants
fédéralistes qui avaient conclu un pacte d’amitié, elle s’est imprégnée au
fil des années d’un idéal religieux; puis elle a évolué vers un engagement
social et politique basé sur les valeurs chrétiennes, luttant avec conviction contre l’individualisme croissant de la société de consommation. Elle
veut, dans la famille, la société et l’Eglise, développer la créativité
ainsi que le sens des responsabilités et des décisions.
Raphaël Wick, de Widen (Argovie) a été élu nouveau président central samedi par l’assemblée générale. Quatre nouveaux membres prendront désormais
place au comité: Max Imfeld (Saint-Gall), Stefan Metzger (Saint-Gall), Roberto Scolla (Locarno) et Thomas Steger (Emmenbrücke). Les membres présents
ont voté à la majorité le soutien au référendum contre la loi sur les EPF:
la SES est ainsi la deuxième organisation d’étudiants, après l’Association
des étudiants des EPF, à refuser cette loi. Un refus motivé par le désir
des étudiants d’être consultés lors de nominations de professeurs ainsi que
de la mise en place et du développement des structures des EPF. Les délégués se sont prononcés pour l’inscription dans la Constitution d’un article
sur la formation, qui créerait les structures et déterminerait les compétences au niveau fédéral dans ce domaine.
Depuis 1968, la SES accepte les femmes et depuis 1977 elle accueille en
son sein des protestants. Elle compte près de 8’500 membres dans toute la
Suisse, dont un cinquième en Suisse romande et au Tessin. Le nombre de membres actifs s’élève à 1’500. Fidèle à sa devise Virtus, Scientia, Amicitia
("Vertu, Science, Amitié"), la SES soutient une politique fondée sur les
principes chrétiens. Elle édite une revue mensuelle politique et culturelle, Civitas. (apic/com/nh/cor)