Sanctions économiques contre le régime sud-africain : (090290)
"Un pas important vient d’être franchi, mais l’apartheid existe toujours"
Vienne/Montréal, 9février(APIC) Après le discours historique du président
sud-africain de Klerk légalisant le Congrès national africain (ANC) et
répondant à certaines revendications de la majorité noire, une levée des
sanctions économiques contre l’Afrique du Sud reste "prématurée". C’est du
moins l’avis aussi bien de Mgr Florian Kuntner, évêque auxiliaire de Vienne
et responsable des relations extérieures de l’Eglise catholique
autrichienne, que de l’Organisation pour le développement internation de
l’Eglise catholique du Canada, "Développement et Paix" à Montréal.
Une telle décision ne pourra être prise que si l’Afrique du Sud se dote
d’une Constitution qui supprime l’apartheid et toutes ses conséquences.
Pour "Développement et Paix" en effet, "un pas important vient d’être franchi en Afrique du Sud, mais il serait naïf de conclure que l’apartheid
n’existe plus".
Pour Mgr Kuntner, le gouvernement sud-africain, s’il veut la levée des
sanctions économiques, doit faire des pas concrets qui l’engagent à supprimer la discrimination raciale; en premier lieu il doit inscrire cette suppression dans sa Constitution. L’évêque auxiliaire relève que toutes les
prises de position des organisations ecclésiales d’Autriche sur l’apartheid
résultent d’un contact étroit avec les évêques sud-africains. Soulignant
l’engagement courageux de l’Eglise catholique d’Afrique du Sud en faveur
des droits de l’homme, il met en garde contre la tentation de réduire l’aide destinées aux pays du Sud au profit des pays d’Europe de l’Est.
Pour sa part, "Développement et Paix" exige la levée de l’état d’urgence, la libération des prisonniers politiques - y compris Nelson Mandela et l’instauration d’un véritable système démocratique basé sur le principe
"une personne, un vote". Dans une lettre adressée au ministre canadien Joe
Clark, l’organisme officiel de l’Eglise catholique du Canada pour le développement demande l’imposition de sanctions économiques totales contre
l’Afrique du Sud tant que les fondements de l’apartheid ne seront pas abolis, comme le "Population Registration Act", le "Land Act" ou le "Group
Areas Act", qui sont les piliers de la discrimination raciale en Afrique du
Sud. (apic/kpr/com/cor)