San Antonio, 14septembre(APIC/CIP) Le pape Jean Paul II a passé la
journée de dimanche à San Antonio, au coeur du Texas, quatrième étape de sa
visite de dix jours aux Etats-Unis. Durant les 24 heures passées dans cette
ville proche de la frontière mexicaine, il a rencontré essentiellement la
communauté hispanique, avant de poursuivre son voyage lundi vers Phoenix,
dans l’Arizona. Lors de sa rencontre avec la communauté hispanique, le pape
Jean Paul II a appelé à la réconciliation entre le Sud et le Nord de
l’Amérique. Près d’un demi-million de fidèles, en majorité d’origine mexicaine et centro-américaine, étaient venus écouter le pape au cours d’une
messe en plein air par une chaleur torride.
Pour l’occasion, quelque 4’000 Mexicains, - beaucoup moins que prévus avaient meme reçu l’autorisation de franchir pour quelques heures la frontière toute proche. Des bureaux spéciaux avaient en effet été installés
pour la délivrance de visas, mais il n’y a pas eu l’affluence prévue.
Evoquant dans son homélie "le mouvement des peuples vers le Nord", Jean
Paul II a affirmé qu’un travail de réconciliation devait etre mené à bien :
"Cette terre est un carrefour à la frontière de deux grandes nations vivant
l’enrichissement et les complications que cela suppose. Vous etes un symbole et une sorte de laboratoire mettant à l’épreuve l’engagement des EtatsUnis envers leurs principes moraux et les valeurs humaines sur lesquels ils
sont fondés". Voilà le message lancé par Jean Paul II à la foule des hispaniques présents à la cérémonie.
Notant que les Etats-Unis réaffirmaient actuellement ces principes en
célébrant le bicentenaire de leur Constitution, Jean Paul II a insisté sur
la nécessité d’accepter la diversité au sein d’une fondamentale unité. Mais
c’est la communauté hispanique elle-meme qui fait face aux plus grands
défis, a poursuivi le pape. "Elle doit répondre à ses propres besoins et
faire preuve d’une solidarité généreuse et effective", a-t-il ajouté, avant
d’exhorter les hispaniques à s’accrocher solidement à leur foi chrétienne
et à leurs traditions, spécialement pour la défense de la famille. Dans son
homélie, prononcée partiellement en espagnol, le pape a également appelé
les fidèles à retrouver la pratique de la confession individuelle et il a
souligné, à l’intention des éveques et des pretres, que sa promotion était
un aspect de premier plan de leur ministère.
A l’issue de la liturgie, Jean Paul II a improvisé alors un bref discours en espagnol. Il a remercié notamment ceux qui avaient organisé la
cérémonie et surtout ceux qui avaient rebati partiellement l’autel, détruit
par un violent coup de vent jeudi dernier. Il a félicité les fidèles
d’avoir résisté à la chaleur et pour les consoler de la catastrophe qui
avait privé l’autel de ses deux imposantes tours de 30 mètres de haut, il a
ajouté : "Somme toute, il vaut peut-etre mieux avoir un peu de vent pour
respirer". Pratiquement toute la journée de dimanche à San Antonio devait
etre consacrée aux hispaniques, qui constituent la moitié des catholiques
de la ville. Après un rendez-vous avec 800 séminaristes et leurs professeurs, à la cathédrale San Fernando, le pape s’est à nouveau adressé en
espagnol aux "latinos", plus de 2’000 personnes rassemblées sur la place
Nostra Senora de Guadalupe.
La nécessité de convertir les coeurs
Auparavant s’était déroulée dans un amphithéatre une rencontre avec plusieurs milliers de responsables des oeuvres de charité catholiques, dans un
auditorium, vaste rotonde couverte d’une coupole semblable à celle du Panthéon de Rome, avec une capacité de 5’000 places. Mgr Sullivan a présenté
là les Caritas américaines dont quelques réalisations sont projetées alors
sur un écran vidéo : images de jeunes qui chantent et qui prient et qui
s’occupent également des pauvres; d’autres images nous montrent des visites
aux personne seules, aux chomeurs, des cercles d’entraide sociale, des distributions de vivres, des foyers d’accueil, des bureaux d’emploi, des
crèches pour enfants abandonnés. Des images qui parlent en fait à elles
seules et plus qu’un long discours académique... Des Caritas catholiques
sont un signe d’espoir nous dit la dernière image. Le Dr. Mary Ann Quaranta, présidente des Caritas américaines, expliquera pour sa part comment
travaillent les groupes dans les services sociaux.
Dans sa réponse, le pape Jean Paul II développe l’idée que le but
authentique du service est de défendre et de promouvoir, au nom du Christ,
la dignité de la personne humaine. Le Saint Père, qui a alors rappelé la
doctrine de l’Eglise face à l’injustice sociale : "Il convient de changer
les structures injustes qui provoquent ou perpétuent l’oppression des
pauvres; il faut changer les relations entre sociétés riches et pauvres,
mais plutot que de céder aux tentations d’idéologies pronant le recours à
la force, il faut commencer, a-t-il dit, par la conversion des coeurs des
individus, car l’injustice commence en fait dans les choix personnels de
chacun". En terminant, il a chaleureusement remercié les catholiques américains de leur générosité, rencontre empreinte d’une grande cordialité : les
interminables applaudissements en ont été la preuve concrète. Dernier mot
du pape : "Encore plus de charité"...
Rencontre avec les séminaristes, religieux et religieuses
Seconde rencontre à deux pas de la première, celle avec les séminaristes, les religieux et les religieuses engagés spécialement dans les
oeuvres de formation religieuse. Cette rencontre a eu lieu dans la
cathédrale San Fernando, construite par des colons des Canaries au début du
XVIIIème siècle et achevée par le roi d’Espagne. Un discours du pape sur le
thème : "Dieu appelle tous les membres de l’Eglise à la sainteté de vie".
Une rencontre là aussi extremement chaleureuse qui s’est achevée par ce mot
"à la Jean Paul II" : "Votre accueil me rappelle Mexico".
Troisième rencontre à San Antonio : la communauté hispanique. Il y a environ 21 millions de catholiques de langue espagnole aux USA. Ils proviennent de tous les pays d’Amérique latine, des Caraibes, d’Espagne bien sur,
mais surtout du Mexique. Les deux pays ont près de 3’000 kilomètres de
frontières en commun et pour tous ces hispaniques vivant aux Etats-Unis,
l’Eglise a adapté une liturgie, organisé des écoles et des oeuvres diverses. Elle travaille à fortifier les familles souvent dispersées en raison
des nécessités du travail agricole surtout, qui oblige à des déplacements
saisonniers.
La rencontre a eu lieu sur la place de Notre-Dame de Guadalupe, au coeur
d’un quartier pauvre de la ville. Dans son discours, le pape a insisté sur
la vie paroissiale et ses rapports avec la famille. Il a encore souligné la
dévotion filiale à la Vierge Marie : "Notre-Dame de Guadalupe, si chère à
tous les catholiques hispaniques de toutes les Amériques". Ajoutons pour
conclure que le pape a rencontré dans la soirée un groupe de Polono-Américains de la paroisse de Panna Maria, la plus ancienne paroisse polonaise
des Etats-Unis qui se trouve dans l’archidiocèse de San Antonio.
Le pape a ensuite quitté San Antonio pour Phoenix dans l’Arizona, ou il
était attendu par une quinzaine de milliers d’Indiens. Le premier événement
important a lieu en fin de matinée (20h à Rome). Il s’agit d’une rencontre
avec les responsables de l’Association catholique pour l’assistance médicale, au Convention Centre de Phoenix. Le pape visitera ensuite la cathédrale
de Saint Simon et Jude de Phoenix, avant de rencontrer les Amérindiens au
Memorial Coliseum de Phoenix. Le pape concluera la journée de lundi (03h50
heure de Rome) par une messe avec onction des malades, au stade de l’Université d’Arizona à Phoenix. (apic/bdc/be)