L’Afrique du Sud va vers la guerre civile
San Antonio (EU), 29mai(APIC) Le gouvernement blanc d’Afrique du Sud mène
une "guerre assassine" contre la majorité noire de la population du pays,
estime le pasteur Allan Boesak, président de l’Alliance réformée mondiale
(ARM) et l’une des figures marquantes de la lutte anti-apartheid en Afrique
du Sud. "La mort est dans l’air" a-t-il déclaré devant les 750 participants
à la Conférence mondiale "Mission et évangélisation" le 24 mai à San Antonio, au Texas : "Il ne peut y avoir d’espoir lorsque des enfants sont
arrêtés, des femmes enceintes frappées, des humains meurent de faim". Il a
ajouté : "La guerre civile est devenue inévitable".
Aux yeux du pasteur Boesak, "c’est une hypocrisie terrible" de
l’Occident que d’exiger des Noirs sud-africains l’utilisation de moyens
non-violents dans leur lutte contre l’apartheid, alors qu’ils ne sont pas
prêts à "appliquer le moyen non-violent des sanctions".
Le gouvernement calomnie les leaders noirs
Au cours de la conférence de presse que le leader sud-africain a tenue
le 26 mai devant les journalistes accrédités auprès de la Conférence missionnaire de San Antonio, il a dénoncé les manigances du gouvernement sudafricain, qui calomnie systématiquement les leaders noirs (et certains leaders blancs). Dans une revue distribuée dans toutes les écoles et les administrations d’Afrique du Sud, il a tenté de salir Beyers Naude et Frank
Chikane, l’ancien et l’actuel secrétaire général du Conseil des Eglises
d’afrique du sud (SACC) l’archevêque Desmond Tutu et lui-même.
Selon le pasteur Boesak la campagne contre Winnie Mandela a aussi été
orchestrée : jusqu’à aujourd’hui Winnie Mandela n’a été ni accusée ni citée
à comparaître", commente le leader noir. "Il est vrai que l’épouse de Mandela a commis des erreurs", a-t-il reconnu, "mais de là à l’accuser d’actes
criminels...". D’ailleurs, la complicité de l’Etat est beaucoup plus forte
qu’il ne veut l’admettre, a déclaré Allan Boesak.
Le pasteur a critiqué les gouvernements de la République fédérale d’Allemagne, des Pays-Bas et de Grande-Bretagne. Reçu à la Maison-Blanche en
compagnie de Christian Beyers Naude et de Mgr Tutu, il s’est félicité du
nouvel état d’esprit qui y règne : en effet, Ronald Reagan avait refusé de
les recevoir. Il a précisé : "Tout le monde est contre l’apartheid, même
Pieter W. Botha dit qu’il est contre l’apartheid; ce qui compte, c’est ce
qu’ils font contre l’apartheid". (apic/soepi/cor)