Salvador: une nouvelle conjoncture politique et militaire (251188)
San Salvador, 25novembre(APIC) Le Salvador pourrait être entré dans une
nouvelle conjoncture politique et militaire. C’est en tout cas l’analyse
que suggèrent les récentes livraisons de "Proceso", un bulletin publié par
l’Université Centro-Américaine que dirigent les jésuites. Une analyse qui
fait état de signes préoccupants de violence, mais aussi d’espoirs de pacification grâce aux efforts diplomatiques développés au niveau latino-américain.
Du côté du FMLN (Front Farabundo Marti de libération nationale), des
contacts ont eu lieu avec le président Arias, du Costa Rica, et les principaux membres du commandement du Front ont accompli une tournée politique
sans précédent dans divers pays sud-américains. Plusieurs assemblées continentales, comme l’Organisation des Etats Américains et le "Groupe des 8" de
Punta del Este, ont abordé le problème.
Dans le même temps cependant, la violence croît. Le nombre et la précision des attaques militaires du FMLN dans le pays ont augmenté; cette guerre se double d’une violence de type terroriste dans la capitale, notamment
par des attentats contre les locaux de l’Alliance Républicaine Nationale
(ARENA), le parti d’extrême-droite auquel appartient le major d’Aubuisson,
soupçonné d’avoir organisé l’attentat qui a coûté la vie à Mgr Romero. De
nombreux paysans accusés d’être des informateurs de l’armée on en outre été
exécutés.
Du côté de l’armée, précisément, la répression est plus que jamais
présente. Un massacre de paysans a eu lieu en septembre dernier, sur lequel
le service "Tutela Legal" de l’archevêché a fourni un rapport détaillé. Et
la victoire de l’ARENA aux élections de mars dernier a redonné des idées
aux escadrons de la mort et à d’autres groupes paramilitaires.
L’hypothèse d’une victoire de l’ARENA au prochain scrutin présidentiel dont la date est fixée au 19 mars 1989 - est à prendre au sérieux, estime
"Proceso". Si cette hypothèse devait se vérifier, les liens entre les escadrons de la mort et les forces de sécurité font craindre une recrudescence de la violence politique. "Proceso" souligne aussi l’attitude paradoxale
du parti ARENA, qui se déclare favorable aux conclusions (d’intérêt plutôt
populaire) du débat national organisé par l’Eglise durant l’été, ainsi qu’à
un dialogue permanent avec le FMLN. S’agissant de la Démocratie chrétienne,
elle est divisée depuis que la tendance favorable à Rey Prendes a créé son
propre mouvement politique, le MAC (Movimiento Autentico Cristiano), relève
"Proceso".
Sur le plan social, "Proceso" affirme que la mobilisation reste forte
dans trois secteurs (privé, public et rural) et que la répression contre le
monde syndical se poursuit. (apic/cip/pr)