Salvador : témoin du massacre des jésuites réfugiée aux USA (241189)
San Salvador/Washington/Madrid, 24novembre(APIC) Une femme, témoin du
massacre le jeudi 16 novembre des six prêtres jésuites de l’Université centro-américaine (UCA) de San Salvador - dans une zone sous contrôle de l’armée gouvernementale - a dû se réfugier aux Etats-Unis pour des raisons de
sécurité, a révélé vendredi à Madrid Juan Lena, porte-parole du ministère
espagnol des Affaires étrangères.
Cachée dans l’ambassade d’Espagne à San Salvador, elle a été interrogée
mercredi par plusieurs officiels salvadoriens sur les circonstances de
l’assassinat des six jésuites et de deux employées de l’UCA et craint désormais pour sa vie. Au lendemain de l’attaque militaire contre l’UCA, Mgr
Rivera Damas, archevêque de San Salvador, n’avait pas hésité à mettre en
cause les forces armées ou des personnes agissant avec leur consentement.
De son côté, relevant les menaces répétées proférées par la radio gouvernementale salvadorienne contre certains évêques et prêtres salvadoriens,
l’archevêque de Los Angeles, Mgr Roger Mahony, a demandé au gouvernement
américain de réagir sans tarder. Dans une lettre au ministre des affaires
étrangères James Baker et à des personnalités du Congrès, Mgr Mahony demande "une réponse adéquate" de la part du gouvernement américain. Rappelant
les attaques gouvernementales contre Mgr Rivera y Damas et contre son auxiliaire, Mgr Rosa Chavez, Mgr Mahony estime qu’un gouvernement qui profère
ce genre de menace ou laisse faire, ne mérite pas le soutien américain.
L’Eglise catholique n’est pas la seule à demander l’arrêt des livraisons
d’armes et la fin de l’aide militaire au gouvernement salvadorien (le Congrès vient d’attribuer une aide militaire d’urgence pour le gouvernement
Cristiani d’un montant de 85 millions de dollars). L’évêque anglican (épiscopalien) Edmund Lee Browning s’est prononcé dans le même sens, ainsi que
le Conseil de l’Eglise évangélique luthérienne aux USA. Cette dernière
s’inquiète du sort de l’évêque luthérien du Salvador, Mgr Medardo Gomez,
menacé à plusieurs reprises par l’armée et qui a dû se cacher suite à des
menaces de mort. (apic/kna/be)