Salvador: Signature du traité de paix jeudi à Mexico (150192)
San Salvador, 15janvier(APIC) Après plus d’une décennie de combats sanglants, le gouvernement salvadorien et la guérilla du Front Farabundo Marti
de libération nationale (FMLN) ont décidé de mettre un terme à la guerre
civile qui a ravagé le pays et coûté la vie à près de 80’000 personnes. Le
traité de paix sera signé jeudi 16 janvier à Mexico, les derniers points
encore en suspens entre le gouvernement salvadorien et le FMLN ayant été
éliminés mardi au terme des négociations menées sous l’égide de l’ONU à New
York.
Des casques bleus devraient surveiller l’arrêt des hostilités. De leur
côté, les forces hostiles à la paix au sein des secteurs les plus
conservateurs de la société et des forces de sécurité salvadoriennes - qui
se camouflent derrière de soi-disant "escadrons de la mort" incontrôlés ont repris leurs menaces contre des responsables d’Eglises, accusés d’être
membres du Parti communiste salvadorien et de travailler clandestinement
pour le FMLN.
Le président salvadorien Alfredo Cristiani avait lancé une invitation au
pape Jean Paul II à assister à la signature des accords de paix. Le nouveau
secrétaire général des Nations Unies, Pierre Boutros Ghali, ainsi que plusieurs autres chefs d’Etat, dont George Bush, avait également été invités à
la cérémonie. Si le pape ne fera pas le déplacement de Mexico, le SaintSiège sera pourtant représenté à Mexico.
Epurer l’armée de ses éléments criminels
Parmi les points les plus controversés de la négociation, il y avait
notamment le délai accordé à la guérilla pour déposer les armes et à l’armée pour réduire ses effectifs de moitié (l’armée devrait être ramenée à
31’000 hommes d’ici février 1994) et épurer ses rangs des éléments criminels responsables de nombreuses et massives violations des droits de l’homme. Les bataillons spéciaux de lutte antiguérilla, comme le sinistre bataillon "Atlacatl", responsable de massacres d’envergure comme celui d’El
Mozote (794 civils désarmés massacrés dans le département de Morazan en
1981, selon une longue enquête de la Tutela Legal de l’archevêché de San
Salvador) ou de l’assassinat des six jésuites de l’UCA en novembre 1989.
La fin officielle des hostilités a été fixée au 1er février, date à
partir de laquelle le FMLN doit commencer à démanteler son organisation militaire. A la veille de la conclusion des négociations de New York, un mystérieux "escadron de la mort" a publié un communiqué annonçant la "condamnation à mort" de onze responsables de la direction du Conseil national des
Eglises (CNI) du Salvador. Parmi les cibles désignées par l’"Armée secrète
de salut national", se trouve notamment l’évêque luthérien Medardo Gomez.
Selon Amnesty International, les responsables du CNI ont reçu le 7 janvier
des menaces de mort écrites signées par l’"Ejercito secreto de salvacion
nacional".
D’après l’Eglise évangélique d’Allemagne (EKD), un prêtre de l’Eglise
épiscopalienne, qui figurait sur la liste des "condamnés à mort" publiée le
7 janvier, a été enlevé le 3 janvier déjà par la Guardia Nacional et l’on
est sans nouvelles de lui depuis lors. Amnesty International déclare ignorer qui se cache derrière cette armée secrète, mais plusieurs indices donnent à penser qu’il s’agit de membres des forces de sécurité. (apic/knakap/be)