San Salvador, 17septembre(APIC) Les attaques et les attentats commis par
les forces de sécurité salvadoriennes contre des installations d’Eglises
chrétiennes ont repris ces dernières semaines. Selon le Centre pastoral de
l’UCA, l’Université centro-américaine dirigée par les jésuites à San Salvador, les membres de l’équipe pastorale de San José Las Flores, au-dessus de
Chalatenango, dans le nord du Salvador, courent de grands dangers, car
l’armée a une véritable "aversion" contre ces pretres et ces religieuses
qui partagent la vie des populations paysannes dans ces zones conflictuelles.
Plusieurs personnalités religieuses de cette zone sensible ont été assassinées par l’armée ces dernières années, dont les religieuses nordaméricaines Maura Clarke et Ita Ford, enterrées dans le cimetière de Chalatenango. Avec le développement des actions anti-guérilla dans le Chalatenango et la guerre psychologique qui les accompagne, les religieux travaillant dans ces régions sont souvent désignés comme "subversifs". Ainsi, ces
derniers jours, le colonel Canjura, commandant du détachement militaire de
Chalatenango a accusé "deux prétendues missionnaires - espagnole et irlandaise" de s’adonner "à l’endoctrinement marxiste-léniniste dans toute la
zone de San José Las Flores, mettant de la sorte en péril la démocratie de
notre pays".
Quelque temps auparavant, le 23 aout dernier vers cinq heures du soir,
près d’une centaine de soldats du DM-1 (Détachement militaire de Chalatenango) ont pénétré violemment dans l’église de San José Las Flores en profitant de l’absence du pretre et des religieuses. Comme l’accès au clocher
était cadenassé, ils sont montés sur le toit avec des cordes et ont installé mitrailleuses et système radio dans le campanile. Ils ont ensuite
pénétré de force dans le couvent ou ils se sont installés, pillant la cuisine et faisant leurs besoins dans le corridor de la cuisine. D’autres se
sont encore baignés dans la citerne d’eau potable du couvent. Ce n’est pas
la première fois que l’équipe pastorale de San José Las Flores subit de
telles avanies. L’armée souhaiterait en effet que l’archeveque de San Salvador retire les équipes pastorales travaillant dans les zones de guerre.
Ces équipes représentent cependant pour la population locale une protection
contre les exactions dont elle est souvent victime de la part des forces
armées.
L’Eglise luthérienne est également très inquiète après les attaques à la
bombe contre son foyer chrétien "Fe y Esperanza", le 27 aout dernier dans
le canton de Galera Quemada de Nejapa. Cette attaque s’accompagne de menaces fréquentes adressées à l’éveque de l’Eglise luthérienne du Salvador.
L’Eglise luthérienne de la Résurrection est sous haute surveillance et les
communications téléphoniques de l’Eglise luthérienne sont sous écoute. Dans
un appel lancé au président Duarte, l’Eglise luthérienne demande la protection pour ses membres, dont 22 ont déjà été "capturés". (apic/uca/be)