Salvador: Les violations des droits de l’homme en augmentation (230390)
Bonn, 23mars(APIC) La section ouest-allemande d’"Amnesty International"
(AI) a dénoncé samedi 24 mars l’"augmentation dramatique des violations des
droits de l’homme" au Salvador à l’occasion du 10e anniversaire de l’assassinat de Mgr Oscar Arnulfo Romero, archevêque de San Salvador, abattu le 24
mars 1980 par les "Escadrons de la Mort" alors qu’il disait la messe dans
la chapelle de l’hôpital de la Divine Providence.
La section allemande d’AI a invité "avec insistance" le gouvernement
salvadorien à mettre fin aux violations des droits de l’homme. Ces dix
dernières années, affirme AI, les assassinats approuvés ou tolérés par
l’Etat et qui sont à mettre sur le compte des forces de sécurité et des
"Escadrons de la mort" qui leur sont liés ont fait plusieurs milliers de
victimes. AI déplore que les responsables de ces crimes ne comparaissent
pour ainsi dire jamais devant la justice.
La situation des droits de l’homme dans ce pays s’est particulièrement
aggravée après la proclamation de l’état d’urgence à la suite de la
dernière offensive lancée en novembre par la guérilla du Front Farabundo
Marti de Libération Nationale (FMLN).
De nombreux collaborateurs de l’Eglise et des syndicalistes ont été victimes de la violence. AI cite l’assasinat des 6 jésuites, de leur cuisinière et de sa fille, le 16 novembre dernier à l’Université catholique de San
Salvador (UCA). Même si le gouvernement du Salvador s’efforce apparemment
de faire la lumière sur les auteurs de ces crimes, AI relève que plusieurs
témoins de ces crimes subissent des graves menaces. Le fait que l’on ait
arrêté des militaires pour l’assassinat des jésuites ne garantit pas que
instigateurs intellectuels de ces crimes comparaissent un jour devant la
justice.
Ce ne sont pas seulement les meurtres, mais aussi les cas de "disparition" et de torture qui se sont multipliés ces derniers temps au Salvador,
déplore AI. Toutes ces violations des droits de l’homme devraient être examinées d’urgence par le gouvernement et les responsables livrés à la justice, conclut AI. (apic/kna/mr)