Rome/San Salvador, 16novembre(APIC) Jean Paul II a appelé jeudi les parties en conflit à cesser les hostilités au Salvador et affirmé que seule
une réconciliation pourrait être une fondement plus sûr pour la paix et le
bien-être du peuple salvadorien. Dans un message signé par le cardinal Casaroli, secrétaire d’Etat du Vatican, envoyé à Mgr Rivera y Damas, archevêque de San Salvador, le pape en appelle à un "dialogue honnête et constructif".
De son côté, le pasteur Emilio Castro, secrétaire général du Conseil oecuménique des Eglises (COE) à Genève, a appelé le même jour les deux parties à "cesser immédiatement les hostilités et reprendre les négociations".
Le COE demande de garantir immédiatement la protection des populations civiles contre les attaques indiscriminées et le respect des conventions internationales.
La veille, l’Eglise catholique du Salvador et la Comité International de
la Croix Rouge (CICR) à Genève avaient lancé un appel pour "une trêve humanitaire immédiate" entre les gouvernementaux et les guérilleros du Front
Farabundo Marti de libération nationale (FMLN), afin de pouvoir évacuer les
blessés et enterrer les morts. Les combats auraient déjà fait près d’un demi-millier de morts et deux fois plus de blessés.
Le pasteur Castro a encore envoyé des messages au secrétaire général de
l’ONU, Javier Perez de Cuellar, au président salvadorien Alfredo Cristiani
et à la délégation du FMLN auprès des Nations Unies, ainsi qu’un "message
pastoral aux Eglises et aux partenaires oecuméniques" au Salvador. Il a assuré ces derniers que le pays "est au centre de nos prières et de nos actions en cette période très difficile". Il indique que des Eglises de toutes dénominations se sont offertes comme refuges, "mais ces sanctuaires"
offrent trop peu de places, vêtements, nourriture et assistance médicale.
Appel à l’aide humanitaire et dénonciation des bombardements aériens
Dans un appel à la communauté internationale, "le Comité nicaraguayen
d’Institutions chrétiennes pour la paix au Salvador" a reproché au gouvernement salvadorien de bombarder massivement les quartiers populaires de la
capitale San Salvador et de violer les conventions de Genève. L’appel, signé entre autres par le Père jésuite César Jerez, recteur de l’Université
catholique centroaméricaine UCA de Managua et d’autres responsables d’institutions religieuses au Nicaragua (Centre oecuménique Valdivieso, Institut
Historique Centroaméricain dirigé par les jésuites, etc.), reproche aux autorités salvadoriennes un "comportement inhumain" à l’égard des populations
civiles. Les signataires demandent à la communauté internationale de soutenir les "revendications justifiées" du peuple salvadorien, qui compte déjà
70’000 victimes dans ses rangs depuis le début de la guerre il y a neuf
ans. (apic/kpr/cic/coe/be)