San Salvador, 6janvier(APIC) Rutilio Grande, Segundo Montes, Ignacio
Ellacuria, Joaquin Lopez y Lopez: ces noms sont ceux de quatre jésuites
assassinés au Salvador. Ce sont aujourd’hui aussi les noms de quatre
villages où se sont installés des réfugiés de retour au pays. La mémoire de
de ces religieux se perpétue ainsi au Salvador, faisant écho aux paroles de
Mgr Romero quelques jours avant sa mort: "Je ne mérite pas un tel honneur,
mais si on me tue, je revivrai dans le peuple salvadorien."
De retour de dix ans d’exil au Nicaragua, 291 Salvadoriens ont débarqué
à l’aéroport de San Salvador le 15 mars 1991. Ils se sont installés ensuite
près de Paisnal et ont décidé que leur communauté s’appellerait "Rutilio
Grande" du nom du jésuite assassiné avec un enfant et un vieillard, le 12
mars 1977, alors qu’il se rendait dans cette localité pour célébrer la
messe.
Le 16 novembre 1989, six jésuites et deux femmes ont été assassinés à
l’Université Centro-Américaine (UCA) de San Salvador. Des réfugiés provenant de Colomoncagua ont baptisé leur communauté "Villa Segundo Montes". Le
Père Montes qui enseignait à l’UCA avait visité leur camp à plusieurs reprises et avait publié des études sociologiques sur la condition des réfugiés et des déportés.
Quelques temps plus tard, une communanuté est rentrée de Mesa Grande au
Honduras. Leur village de Buancorito dans la province de Chalatenango,
s’appelle désormais Ignacio Ellacuria, du nom du recteur de l’UCA également
assassiné en 1989.
Enfin la communauté des réfugiés de Las Mesas a pris le nom de
communauté Joaquin Lopez y Lopez en hommage au directeur du mouvement "Fe y
alegria" lui aussi professeur à l’UCA. (apic/cip/mp)