Saint-Petersbourg: ouverture de la Maison des droits de l’homme (180293)
St-Petersbourg, 18février(APIC) La Maison des droits de l’homme de SaintPetersbourg, inaugurée en février, apparaît comme un symbole face aux nombreux défis lancés à la société russe. Le 12 février dernier, jour de l’ouverture en présence du métropolite Jean, des délégations françaises étaient
présentes à St-Petersbourg, avec notamment des membres de l’ACAT-France
(Action des chrétiens pour l’abolition de la torture), dont son président
André Jacques, de la Fédération internationale des ACAT (FIACAT), par son
président Guy Aurrenche, ainsi que des représentants de l’Association française des policiers chrétiens...
La Maison des droits de l’homme de St-Ptersbourg a vu le jour dans les
locaux de l’Association russe "Christianisme ouvert". Co-fondée par deux
associations russes, "Eglise et Culture" et "Mémorial, section St-Petersbourg", mais aussi par l’ACAT-France, elle se veut un lieu de dialogue, de
rencontre, d’échange, d’apprentissage et de promotion des valeurs humaines
au sein desquelles les droits de l’homme occupent une place centrale.
Les projets et actions concrètes qui ont déjà été définis illustrent
bien la priorité donnée à l’éducation aux droits de l’homme: programme de
formation sur l’enseignement de ces droits avec, pour objectif, de sensibiliser des enseignants et des responsables d’associations à la manière de
les intégrer dans la vie scolaire; cycle de conférences destinées aux étudiants et aux responsables politiques; création d’une bibliothèque et d’un
centre de documentation ouverts au public; création d’un bureau de consultation composé de juristes chargés de conseiller les particuliers. C’est
dans ce domaine que les connaissances et les pratiques accusent un manque
important en Russie.
Faire face à la situation désastreuse
Comme tous les pays issus du démantèlement de l’ancien empire soviétique, la Russie doit faire face à des situations graves. L’économie du pays
s’enfonce dans le marasme, les prix ne cessent d’augmenter. Une situation
que résume du reste le maire de la ville, A. Sobtchak: "L’an dernier, la
ville était au bord de la famine, les queues s’allongeaient devant les magasins. Aujourd’hui, il n’y a plus de queues, les magasins sont approvisionnés, mais les gens n’ont plus d’argent pour acheter". Comment, fait-on
remarquer, une retraitée touchant 2’000 roubles (3 dollars) par mois de
pension pourrait-elle acheter du saucisson à 1’600 roubles le kilo, ou une
paire de chaussures à 11’000 roubles. Aujourd’hui en Russie, certains ingénieurs gagnent 3’000 roubles par mois... Les bons salaires avoisinent les
20’000, mais la majorité de ceux-ci n’excèdent guère 10’000 roubles. Cette
situation n’est pas sans conséquences: montée de la violence, de la délinquence, de la criminalité...
La société russe de 1993 apparaît comme un état démocratique encore bien
fragile: "C’est donc la société civile qui doit prendre en charge la défense et la promotion des valeurs humaines. Le monde qui vient à nous nous
fait peur. Il est porteur d’un pouvoir qui nous est inconnu: le pouvoir de
l’argent. Le seul remède: créer une société civile composée de citoyens libres et responsables. Et les droits de l’homme manifestent la dignité de la
personne humaine en même temps qu’ils sont un instrument au service de cette dignité" devait relever Vladimir Porech, président de la Maison nouvellement créée. Une Maison des droits de l’homme, qui entend, à l’avenir,
collaborer aussi avec les nouvelles institutions démocratiques mises en
place par le pouvoir. Tout un programme. Pas facile à assumer, convient-il.
(apic/ecl/pr)