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    Conférence mondiale de Foi et Constitution, du 3 au 14 août

    Saint-Jacques de Compostelle accueille la 5e (200793)

    La communion au centre de 12 jours de débats

    Genève, 20juillet(APIC) La cinquième conférence mondiale de Foi et Constitution se tiendra à Saint-Jacques de Compostelle, en Espagne, du 3 au 14

    août 1993, sur le thème "Vers la Koinonia dans la foi, la vie et le témoignage". Cette conférence mondiale suscite un intérêt d’autant plus vif

    que la précédente remonte à 1963. Quelque 400 délégués des Eglises y prendront part. Santiago accueillera les représentants de l’ensemble des Eglises chrétiennes.

    Le rendez-vous de Compostelle est organisé par la Commission Foi et

    Constitution du Conseil oecuménique des Eglises (COE), dont les 120 membres

    représentent les grandes traditions chrétiennes, y compris, depuis 1967,

    l’Eglise catholique romaine, qui ne fait pourtant pas partie du COE.

    Ce mouvement, qui est né d’une conférence mondiale tenue à Lausanne en

    1927, a décidé de se joindre à un autre mouvement pionnier de l’unité de

    l’Eglise, le Christianisme pratique, pour former ensuite, en 1948, le Conseil oecuménique des Eglises. Le secrétariat de Foi et Constitution se

    trouve à Genève.

    Durant les premiers jours de la conférence, les délégués entendront les

    exposés et les commentaires de plusieurs orateurs invités, notamment ceux

    de l’archevêque anglican sud-africain Desmond Tutu et du métropolite George

    Khodre (Liban).

    Au cours des plénières qui auront lieu par la suite, plusieurs responsables oecuméniques et, parmi eux, le pasteur Konrad Raiser, secrétaire général du COE, et le cardinal Edward Cassidy, président du Conseil pontifical

    pour l’unité des chrétiens, s’interrogeront sur l’avenir du mouvement oecuménique, du COE et de Foi et Constitution.

    Pendant la majeur partie de la conférence, les participants se réuniront

    au sein de quatre sections pour étudier plus en profondeur les divers éléments du thème. Chacune d’elles préparera un rapport qui sera discuté en

    plénière durant les quatre derniers jours.

    Rappel historique

    La première rencontre du mouvement oecuménique contemporain, tenue en

    1910 à Edimbourg, n’avait pas à son ordre du jour les questions doctrinales

    divisant les Eglises. Cette problématique essentielle mais particulière devait être traitée par un mouvement, une forme de commission théologique:

    Foi et Constitution, fondée en 1927 à Lausanne. Depuis, ce mouvement tient

    à intervalles réguliers des conférences mondiales où les Eglises membres

    envoient des délégués directement mandatés par elles. La seconde assemblée

    se tint en 1937 à Edimbourg, la troisième en 1952 à Lund et la quatrième à

    Montréal en 1963.

    Après la fondation du COE en 1948 à Amsterdam, le mouvement Foi et Constitution est devenu une unité de travail au sein de ce Conseil, tout en

    conservant une certaine autonomie. Entre deux assemblées mondiales, l’unité

    de travail Foi et Constitution est gérée par une commission plénière nommée

    par le COE sur proposition des Eglises. Cette commission se réunit en principe tous les 5 ans.

    Enjeux théologiques et doctrinaux

    Ce bref rappel historique montre la porté de l’événement. Les responsables soulignent qu’il ne s’agit pas seulement de la 5e assemblée de Foi et

    Constitution. La dernière s’est tenue en 1963. Or les 30 dernières années

    ont été oecuméniquement des plus riches, avec le Concile Vatican II, de

    nombreuses assemblées du COE et des familles confessionnelles mondiales,

    avec aussi une multitudes de dialogues multilatéraux et bilatéraux et des

    percées oecuméniques locales. Sans parler de l’événement majeur, insistent

    ces mêmes responsables, l’adhésion à Foi et Constitution de l’Eglise catholique en 1967. Santiago rassemblera donc les représentants de toutes les

    Eglises chrétiennes.

    La première tâche de l’assemblée sera de faire le bilan de 30 ans de

    dialogues théologiques et doctrinaux. Même si ces dialogues ne représentent

    qu’un aspect du mouvement oecuménique. Parmi les nombreux travaux du mouvement, il convient de rappeler en particulier le texte de Lima (baptême, eucharistie, ministère), en 1982, les études sur l’unité de l’Eglise et

    l’unité de l’humanité, ainsi que le commentaire commun du symbole de Nicée

    en 1992. Sans oublier aussi le dialogue bilatéral (entre réformés et luthériens, anglicans et catholiques, catholiques et luthériens, anglicans et

    orthodoxes, baptistes et réformés...) Foi et Constitution a pour tâche de

    coordonner tous ces dialogues et de veiller à leur cohérence générale.

    Pour préparer l’assemblée de Compostelle, une commission préparatoire

    s’est mise à la tâche et proposera un document de travail dont le texte a

    récemment été amendé à Stuttgart.

    Dans un second temps, Compostelle aura pour objectif de fixer les grandes lignes du futur travail oecuménique. L’époque des dialogues bilatéraux

    et multilatéraux touche à leur terme. La quasi totalité des grandes controverses entre Eglises ont été étudiés et théologiquement souvent dépassés.

    Il s’agit maintenant, fait-on remarquer, de réfléchir à une méthodologie et

    à une pédagogie qui permettent de donner une visibilité à cette unité, de

    transcrire ces résultats dans la vie concrète des Eglises.

    Reste que les difficultés sont nombreuses. "L’entreprise est délicate",

    convient-on. L’état d’avancement des dialogues et de la réception de leurs

    résultats varie d’une famille ecclésiale à l’autre, d’une région à l’autre.

    De plus, les visions des uns et des autres ne sont pas seulement différentes mais souvent même divergentes, en particulier lorsqu’il est question de

    ce que l’on appelle les modèles d’unité et du rapport entre unité et diversité.

    Le débat de Santiago ne sera pas facile. Mais il doit se faire à tout

    prix. Relève-t-on. En précisant: il conviendra d’éviter les écueils, en

    premier lieu celui de ne pas céder au pessimisme oecuménique. Santiago

    devra ensuite se concentrer sur son objet, sans pour autant inclure toutes

    les autres problématiques oecuméniques, nombreuses. "Si on parlait de tout,

    on finirait par parler de rien". Compostelle devra enfin éviter les fausses

    polarisations et dépasser le débat stérile en les tensions.(apic/bip/pr)

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