Saint-Domingue: un évêque français participe aux débats (201092)
"Vivre la réciprocité"
Saint-Domingue, 20octobre(APIC) Mgr André Lacrampe, évêque de la Mission
de France, président du Comité épiscopal France-Amérique latine (CEFAL) et
représentant de l’organisme national d’"Aide-France", est intervenu lundi
dans le cadre de la 4e Conférence générale des évêques latino-américains à
Saint-Domingue. Il a exprimé sa joie de participer à cette assemblée et d’y
présenter "modestement le souci de l’Eglise de France pour l’Amérique latine, son effort de relation et d’aide, de présence à des communautés et aux
Eglises des différents pays de ce continent".
Mgr Lacrampe a souligné que l’Eglise de France, depuis trente ans, est
plus proche de l’Amérique latine grâce aux personnes qui y sont venues comme prêtres, religieux, religieuses et laïcs, partager la vie de ses populations, grâce aussi aux projets d’aide et de développement soutenus par divers organismes tels que le Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD), le Secours catholique ou l’Aide à l’Eglise en détresse.
"Quelle que soit notre pauvreté en effectifs, nous tenons à répondre aujourd’hui comme hier aux appels que vous nous adressez", a rappelé Mgr Lacrampe à ses confrères latino-américains.
"Nous sommes évangélisés"
Le président du CEFAL a mis en exergue le mot "réciprocité". Faisant allusion à son expérience personnelle ("Combien l’ai-je entendu dans mes visites et rencontres en Amérique latine"!), il a montré que "vivre la réciprocité", c’est accepter et dire que "nous sommes évangélisés autant que
nous évangélisons". Vivre la réciprocité, c’est "recevoir des membres des
communautés d’Amérique latine leur soif de la Parole de Dieu comme aussi
leur amour préférentiel pour les petits. Nous sommes incités alors chez
nous aussi à être attentifs aux sans voix, à ceux qui sont marqués par la
précarité". Et Mgr Lacrampe d’ajouter: "Le cri des pauvres, quel que soit
le lieu de notre planète, est un appel de Dieu".
Enfin vivre la réciprocité, c’est encore "se mettre à l’écoute des témoins étrangers qui travaillent ou étudient en France". Ils sont des témoins permanents venus pour diverses raisons, économiques ou politiques.
Ils prennent des responsabilités dans la vie de la communauté ou sont alors
des témoins ponctuels (étudiants, prêtres et soeurs des Eglises du Sud).
"Ne pas oublier les pays du Sud"
Dans la seconde partie de son intervention, Mgr Lacrampe a affirmé que
les pays du Premier Monde, et en particulier l’Europe, doivent s’interroger
sur la justice sociale et sur la solidarité face aux graves défis de la
communauté internationale que sont la dette extérieure et la solidarité
avec les pauvres. "Alors que l’Europe se construit avec une attention aux
pays de l’Est, nous ne saurions oublier les pays du Sud. Nous avons à nous
interroger sur l’étalage de nos richesses, le gaspillage de nos sociétés
qui sont autant d’offenses aux pays marqués par la pauvreté. L’impression
d’avoir réussi au plan de l’économie, dans nos sociétés, nous donne des
complexes de supériorité au point que, bien souvent, nous n’aurions rien à
recevoir et à apprendre des autres".
Une remise de la dette extérieure?
Le représentant de l’Eglise de France à Saint-Domingue pose une question
précise aux responsables d’Eglises du monde entier: "Ne pourrions-nous pas,
responsables d’Eglises de divers continents, lancer un appel pour que cette
dette extérieure soit allégée, voire remise, par souci de justice et qu’une
éthique de l’économie soit développée à l’échelle mondiale? (apic/cef/ba)