Saint-Domingue: troisième journée de la visite du pape (111092)
Saint-Domingue, 11octobre(APIC) "Je me sens obligé d’adresser une urgente
invitation aux nations développées, afin qu’elles prennent acte de leur responsabilité morale devant la dramatique situation de pauvreté de millions
d’êtres humains en Amérique latine". C’est l’appel lancé dimanche par Jean
Paul II à Saint-Domingue durant la troisième journée de sa visite.
Le pape qui célébrait près du phare de Colomb une messe commémorant le
5e centenaire de l’évangélisation du Nouveau Monde, a présenté la journée
du 12 octobre 1492 comme "l’une des dates les plus marquantes de l’histoire
de l’humanité". Dans cette homélie, il n’a pas évoqué les "ombres et les
lumières" de l’évangélisation, et notamment l’éventuelle responsabilité de
l’Eglise dans la répression des indigènes.
Jean Paul II a exhorté l’Amérique à ouvrir les portes au Christ: "Fais
en sorte, s’est-il exclamé, que le germe planté il y a cinq siècles féconde
tous les espaces de ta vie: les individus, les familles, la culture et le
travail, l’économie et la politique, le présent et l’avenir".
Un développement intégral pour tous
Le pape s’est aussi adressé à ceux qui ont la responsabilité du gouvernement des nations en Amérique latine, les exhortant à "un engagement renouvelé en faveur de la justice, de la paix, de la liberté et du développement intégral pour tous". Il a souhaité que l’impératif éthique soit un
point de référence constant dans l’exercice des fonctions des dirigeants
politiques.
"Les pauvres ne peuvent pas attendre"
S’adressant aux responsables culturels, le pape a souligné que "l’Amérique latine doit consolider son identité culturelle propre et doit le faire
à elle seule, en restant fidèle à ses racines les plus authentiques". Il a
invité les travailleurs et les chefs d’entreprise à une solidarité réelle
et efficace, à une "économie solidaire". "Il faut sentir la pauvreté des
autres comme sa propre pauvreté et se convaincre que les pauvres ne peuvent
pas attendre", a-t-il insisté.
Jean Paul II a précisé que l’Eglise ne prétend pas offrir de solution
technique, mais qu’elle encourage "la création, au niveau continental d’un
projet économique qui, dépassant l’isolationisme puisse se présenter comme
un interlocuteur valable sur la scène internationale et mondiale".
Un nouveau saint
Au cours de la messe dominicale, le pape a procédé à la canonisation de
l’espagnol Ezechiel Moreno y Diaz (1848-1906), un augustin récollet qui fut
missionnaire aux Philippines, puis en Colombie, où il fut nommé évêque de
Pasto. Jean Paul II a observé que saint Ezechiel Moreno, par sa vie et par
son oeuvre d’évangélisation, est un modèle pour les pasteurs, spécialement
d’Amérique latine qui sous la direction de l’Esprit, veulent répondre avec
une nouvelle ardeur, de nouvelles méthodes et une nouvelle expression au
grand défi qu’affronte l’Eglise latino-américaine.
"Les graves méfaits commis contre les Indiens"
Faisant allusion à la répression des habitants du continent américain
par les conquérants européens, le pape a rappelé l’exemple de saint Toribio
de Mogrovejo, patron de l’épiscopat latino américain qui avait alors manifesté sa profonde douleur "devant les nombreux et graves méfaits commis
contre les Indiens, non seulement dans le passé mais encore aujourd’hui".
Ces paroles, prononcées à Lima en 1582, qui exprimaient des sentiments profonds et un véritable souci pastoral, sont encore maintenant, commente le
pape, "d’une vaste et grande actualité". (apic/jt/cip/ba)