L’option préférentielle pour les pauvres est "irrévocable"
Saint-Domingue, 15octobre(APIC) Le discours de Jean Paul II lors de l’ouverture de la 4e Assemblée générale de l’épiscopat latino-américain à
Saint-Domingue a été généralement bien reçu par les participants. Au cours
de la première conférence de presse de la rencontre, l’évêque colombien Dario Castrillon Hoyos, ancien président du Conseil épiscopal latino-américain (CELAM), a estimé que le discours du pape a apporté la confirmation
claire et irrévocable de "l’option de l’Eglise pour les pauvres".
Faisant allusion au théologien de la libération péruvien Gustavo Gutierrez, il a souligné qu’il fallait s’attendre à une "éruption des pauvres",
qui concerne également l’Europe, où désormais la richesse doit aussi faire
face à une pauvreté croissante. C’est dans cette réalité qu’il faut
annoncer le message de Jésus, dont la croix fait partie. La situation
économique catastrophique de l’Amérique latine est justement un cri vers
"une espérance fondée sur la justice de Dieu".
Le président de la Conférence épiscopale du Vénézuela, Mgr Ramon Ovidio
Perez Morales, a eu des mots très durs pour condamner les cruautés qui ont
été commises et le drame des cinq cents dernières années en Amérique latine, une réalité qui, selon l’exigence de Jésus, réclame aujourd’hui également repentance et conversion. Il a cependant relevé que le fait que la foi
en un Dieu qui sauve soit venue en Amérique et vienne encore aujourd’hui
est aussi une "raison de fêter", malgré la nécessité d’une analyse critique
de l’histoire.
Répondant aux journalistes à propos de l’influence exercée par le Vatican sur le déroulement de l’Assemblée de l’épiscopat latino-américain, Mgr
Castrillon a affirmé que les évêques discutent, formulent et décident librement et qu’"ils ne se sentent pas contrôlés par le Vatican". Le fait que
le cardinal Angelo Sodano, secrétaire d’Etat du Vatican, ainsi que d’autres
hauts responsables de la curie romaine, collaborent à cette conférence est
plutôt compris par de nombreux évêques comme un encouragement pour les évêques latino-américains et une invitation à l’adresse de l’Eglise universelle à suivre plus intensivement encore les développements et les préoccupations de l’Eglise latino-américaine.
Notons encore que la délégation des évêques brésiliens à l’Assemblée de
Saint-Domingue (ils sont au nombre de cinquante) a eu l’intention, en raison de la misère qui règne dans leurs diocèses respectifs, de quitter l’hôtel où ils sont hébergés pour habiter dans un endroit plus modeste. Ils
voulaient ainsi poser un signe dans le sens d’une "Eglise des pauvres".
Pour des raisons d’organisation et d’infrastructures, les organisateurs de
l’Assemblée les ont dissuadé de choisir un autre endroit, ce qu’ils ont accepté pour ne pas gêner le bon déroulement des travaux. (apic/kpr/be)