Saint-Domingue: Conférence générale de l’épiscopat latino-américain 210892
Madrid, 21août(APIC) Selon le quotidien espagnol "El Pais", le Vatican
est intervenu dans l’organisation de la 4e Conférence générale du Conseil
épiscopal latino-américain (CELAM), qui se tiendra en octobre prochain à
Saint-Domingue pour bannir toute allusion aux martyrs du Salvador, Mgr Romero et les six jésuites de l’Université centroaméricaine.
Beaucoup en Amérique latine, y compris au sein de la hiérarchie écclesiastique, craignent que l’assemblée de Saint-Domingue ne soit un frein à
la théologie de la libération, écrit "El Pais". A l’inverse de ce qui s’est
passé à Medellin et à Puebla, affirme le quotidien, le Vatican est intervenu directement dans l’organisation de la Conférence du CELAM, qu’il "contrôle d’une main de fer".
Un premier texte élaboré comme document de travail pour la réunion de
Saint-Domingue faisait allusion aux "martyrs de la foi, de la justice et de
solidarité dont les noms ont été recueillis dans le martyrologe latino-américain de ces vingt dernières années".
Un deuxième texte, plus explicite, rappelle que, le 25 mars 1980, "toute
l’Eglise et l’opinion mondiale ont été bouleversées par l’horrible assassinat de l’archévêque de San Salvador, Oscar Romero qui, tandis qu’il célébrait la messe, fut criblé de balles, martyr du ministère épiscopal dans sa
fonction prophétique".
Ce texte ajoute que, six ans plus tard, dans la même ville de San Salvador, "six Pères jésuites ont été massacrés par des soldats durant le couvre-feu" et que la nouvelle "a suscité à son tour une grande émotion dans le
monde. Ils sont morts à cause de leur engagement sacerdotal et religieux
pour la justice, pour le respect des droits de l’homme et à cause de leur
option pour les jeunes et les pauvres". Le document ajoute: "Ces faits dénotent, ajoutés à beaucoup d’autres, que durant ces dernières décades,
l’Eglise d’Amérique latine est devenue une Eglise de martyrs et de persécutés". Il évoque "la pléiade de martyrs assassinés: évêques, prêtres séminaristes, religieux et religieuses, paysans, ouvriers", ainsi que "beaucoup
d’autres qui ont été calomniés, emprisonnés, torturés, exilés".
Tout cela s’est produit, poursuit le texte, "parce que les diverses idolâtries oppressives du continent, dénoncées à Puebla, ont vu dans l’Eglise
une grande menace, à partir de Medellin et de Puebla, et ont essayé de la
contrecarrer de diverses manières". Parmi ces moyens, le texte cite les
sectes, qui "propagent une religiosité spiritualiste et non engagée, prônant un christianisme libéral et individualiste et prônant une attaque directe et la persécution (...) Ainsi l’Eglise, dans la réalité latino-américaine, fidéle à sa foi dans le Dieu de la Vie et en sa mission de salut et
de libération, donne son témoignage dans la persécution et le martyre".
Selon "El Pais", le Vatican aurait censuré, dans ce document préparatoire, toute allusion à l’assassinat de Mgr Romero et des six jésuites. Le
quotidien espagnol signale que c’est la première fois que Rome intervient
aussi directement dans l’organisation de la conférence.
"El Pais" rappelle que le premier président de la conférence est le cardinal Angelo Sodano, secrétaire d’Etat du Vatican, qui "en juin dernier, a
comparé le théologien Leonardo Boff à Judas, parce qu’il a renoncé au sacerdoce suite aux persécutions dont il était l’objet de la part du Vatican". Le deuxième président est le cardinal Lopez Rodriguez, archévêque de
Saint-Domingue et président du CELAM qui, toujours selon "El Pais", a dit
récemment souhaiter que les prêtres progressistes renoncent au sacerdoce et
"rencontrent une femme qui les "maltraite" bien et qui les dompte". Quant
au secrétaire général, Mgr Raymundo Damsaceno Assis, évêque auxiliaire de
Brasilia, "proche des progressistes", il aura comme co-secrétaire Mgr Jorge
Arturo Medina Estevez," l’évêque le plus réactionnaire du Chili et grand
ami du général Pinochet",affirme le quotidien. (apic/cip/ak)