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    Une victime ressuscite pour innocenter l’évêque

    Rwanda : Audience décisive au procès de Mgr Misago

    Kigali, 2 décembre 1999 (APIC) Coup de théâtre au procès de Mgr Augustin Misago, évêque de Gikongoro, accusé de génocide, en prison depuis le 14 avril dernier: à l’audience du mercredi 1er décembre, la première consacrée à l’audition des témoins de la défense, un des jeunes qui, d’après l’accusation, devait être mort à cause de l’évêque, a pris la parole.

    Ce jeune, âgé de vingt ans, s’appelle Jérôme Rugema. C’est l’un des dix jeunes gens qui, d’après l’accusation, avaient été massacrés à l’hôpital de Kigeme où Mgr Misago les avait conduits. L’accusation a toujours soutenu qu’aucun des ces jeunes n’avait survécu, accusant l’évêque de les avoir conduits à l’hôpital pour les abandonner à la furie des massacreurs Hutus. L’évêque a toujours affirmé qu’il n’avait conduit les jeunes gens à l’hôpital que dans l’espoir de les sauver.

    Le jeune Jérôme Rugema a témoigné qu’il était l’un des dix jeunes gens, et qu’il n’était pas le seul du groupe à avoir survécu. Il confirme ainsi que la démarche de l’évêque avait contribué à sauver sa propre vie et celle de quelques autres. D’après des sources de l’agence de presse "Fides", Mgr Misago a paru très heureux de revoir le jeune quand il est entré dans la salle.

    L’accusation dans l’embarras

    Durant l’audience, deux religieuses de la Congrégation des Soeurs Benebikira ont elles aussi témoigné, contribuant ainsi à faire la lumière sur la démarche de l’évêque en faveur des jeunes gens que l’on croyait morts. Selon Fides, "les témoignages de Jérôme Rugema et des religieuses ont visiblement mis l’accusation dans l’embarras, et en particulier l’avocat de la partie civile qui a essayé vainement de prouver que les témoins étaient manipulés. L’avocat a tenté de faire annuler l’enregistrement de leurs déclarations.

    Les défenseurs de Mgr Misago ont annoncé d’autres témoignages "éclairants" - on en attend au moins 20 - à la reprise du procès, fixée au 18 janvier. Cette date a été décidée parce que l’un des avocats de la défense, Maître Alfred Pognon, a dû rentrer au Bénin suite au décès de sa mère.

    Selon le nonce apostolique à Kigali, Mgr Salvatore Pennacchio, l’évêque était très soulagé après l’audience de ce mercredi. Il a ajouté que Mgr Misago, contraint de passer Noël en prison, "remerciait tous ceux qui priaient pour lui et les invitait à insister dans leurs prières pour qu’il en ressente les effets ". (apic/cip/fides/ba)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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