Rwanda: appel de prêtres et de religieux à la communauté internationale
Kigali, 8mars(APIC) Quelque 80 religieux et religieuses rwandais dénoncent le drame que vivent actuellement un million de Rwandais, déplacés en
raison de la guerre civile dans le pays. Il s’agit d’un véritable "crime
contre l’humanité". "Nous voulons, écrivent-ils dans une lettre adressée au
Secrétaire général de l’ONU et aux ambassadeurs accrédités à Kigali, crier
à la face du monde la détresse de ce million de Rwandais, en majorité des
enfants, arrachés à leurs terres, spoliés de leurs maigres biens, aujourd’hui entassés dans des camps de fortunes".
Les prêtres et religieuses signataires de la lettre assurent être depuis
trop longtemps témoins d’une violence qui ne cesse de croître et qui est le
fait aussi bien des rebelles que des forces armées et des partis politiques. "Nous avons, estiment-ils, le droit et le devoir de dénoncer les graves violations des droits de l’homme dont sont victimes les personnes déplacées par la guerre".
Chaque jour, affirment les signataires, "nous pouvons témoigner de la
progressive déterioration de leur état de santé, principalement chez les
enfants. Bien pire encore, cette situation de violence entraîne irrésistiblement la dégradation du tissu social et constitue un grave danger pour
leur équilibre psychologique".
Un Rwandais sur sept est déjà touché par ce déplacement de population,
relèvent les religieux et religieuses qui craignent de nouvelles attaques
et un afflux supplémentaire de déplacés. Dans leur lettre datée du 5 mars,
ceux-ci n’hésitent pas à parler de "crime contre l’humanité" et accusent le
Front patriotique rwandais d’utiliser cette masse de déplacés "comme une
arme en vue d’asphyxier et de déstabiliser complètement le pays".
La lettre se termine par un appel: "La communauté internationale peut et
doit intervenir pour arrêter cette guerre fratricide". Elle seule peut "rapidement et efficacement faire pression pour que cessent ces violations des
droits de l’homme". (apic/cip/pr)