Comme il semble en prendre l’habitude, le pape Léon XIV a tenu une 'conférence de presse' spontanée au moment de quitter sa résidence de Castel Gandolfo où il avait passé la journée du 4 novembre 2025. Devant les journalistes qui l’attendaient, le pontife a abordé l’affaire Rupnik, la situation en Terre sainte, le Venezuela ou encore les droits des migrants aux Etats-Unis.
Attendu devant les grilles de la Villa Barberini par des habitants de Castel Gandolfo et de nombreux journalistes, le pape s’est arrêté evant les micros et caméras. Il a été questionné sur le cas du père Marko Rupnik, célèbre mosaïste accusé par une vingtaine de femmes d’abus spirituels et sexuels, et dont le procès, mené par le dicastère pour la Doctrine de la foi, a récemment débuté au Vatican. « Nous pouvons espérer que ce procès qui vient de commencer sera capable d’apporter un peu de clarté et de la justice à toutes les personnes concernées», a-t-il insisté, en rappelant que l’Église défendait le principe de présomption d’innocence.
Léon XIV a demandé de la «patience» aux victimes présumées de l’artiste slovène, qui a réalisé des mosaïques dans des chapelles et églises partout dans le monde – et notamment au Vatican. Concernant le possible retrait de ces œuvres des lieux publics, le pape a reconnu qu’il fallait être « sensible » au malaise des victimes, notant que certains sanctuaires ou sites internet – sans les citer – les avaient récemment retirées ou occultées.
C’est le cas notamment du portail officiel du Saint-Siège, Vatican News, qui a retiré des images du père Rupnik peu de temps après l’élection de Léon XIV. Certains sanctuaires, comme celui de Lourdes, ont décidé de couvrir une partie des mosaïques. D’autres, comme Fatima ou Aparecida, s’y refusent pour le moment.
« Israël avait dit une chose, puis en a fait d’autres parfois »
Interrogé sur la situation en Terre sainte, Léon XIV s’est réjoui du fait que la première phase des accords de paix menés par les États-Unis aille « encore de l’avant », mais a reconnu que la situation était « très fragile ». « Il faut voir comment nous pouvons passer à la seconde phase, celle sur le thème du gouvernement, sur la façon dont on peut garantir le droit de tous les peuples », a-t-il affirmé, alors qu’il recevra le 6 novembre le président palestinien Mahmoud Abbas.
Évoquant les actions des colons israéliens en Cisjordanie, où les tensions ont été fortes ces dernières heures, le pape a décrit la situation comme « complexe ». « Israël avait dit une chose, puis a fait d’autres choses parfois », a-t-il commenté, invitant les parties à travailler ensemble pour la justice.
États-Unis : respecter les « droits spirituels » des migrants
Le natif de Chicago a aussi été interrogé sur le sort des migrants emprisonnés et expulsés par l’administration Trump et, citant l’Évangile, a rappelé que le Christ y affirme « clairement » que les hommes seront jugés sur la façon dont ils ont « accueilli ou non » les étrangers. « Il y a une profonde réflexion à mener sur ce qui est en train de se passer », a-t-il estimé, assurant que « beaucoup de gens ont vécu pendant des années et des années sans poser de problème et sont profondément affectés par ce qui se passe en ce moment ».
Se faisant l’écho de la demande de plusieurs évêques américains qui protestaient contre l’impossibilité d’envoyer des aumôniers auprès des migrants arrêtés, le pape a invité les autorités à respecter leurs « droits spirituels ». Il leur a notamment demandé d’autoriser les personnes en charge de leur accompagnement spirituel à « pouvoir répondre aux besoins de ces gens ».
Le second pape originaire du continent américain a enfin répondu à une question sur la montée des tensions dans la mer des Caraïbes, où les États-Unis ont récemment renforcé leur présence au large du Venezuela. « Un pays a le droit d’avoir des militaires pour défendre la paix, pour construire la paix », a-t-il répondu, estimant que, dans le cas présent, cela semblait « un peu différent » et que cela augmentait les « tensions ». Il a lancé un appel au dialogue, assurant que la violence ne résoudrait rien. (caath.ch/imedia/cv/mp)