Ruanda: la presse en difficulté (210190)
Kigali, 21janvier(APIC) Les journalistes, éditeurs et rédacteurs en chef
du Ruanda sont actuellement sous le coup d’une tentative de muselage. Ils
ont été "fermement invités" par Augustin Nouwayezu, chef de la Sûreté nationale, "à ne plus écrire des articles susceptibles d’énerver les plus
hautes autorités du pays", apprend-on de bonne source. Les autorités, qui
invoquent l’article 166 du Code pénal, appellent le pouvoir judiciaire à
sévir contre les journalistes qui, aux dires de ces mêmes autorités, portent atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat.
Depuis un certtain temps déjà, les autorités multiplient les mises en
garde et les menaces. Plusieurs journalistes ont fait l’objet d’intimidations et de menaces à peine voilées de la part du Service central des renseignements du Ruanda. Parmi les personnes visées figurent notamment Anastase Seruvumba, du périodique "Ihuliro", le directeur de "Kinyamateka", l’abbé André Sibomana, contre qui une action en justice est en cours, ainsi
que François Hangimana, qui avait publié un article consacré au procès de
l’ancien ministre Ruhamanya dans le mensuel "Kanguka", et qui est emprisonné depuis plus d’un mois maintenant.
De leur côté, les imprimeurs de Kigali ont été convoqués par le chef de
la Sûreté nationale. Ils ont reçu la consigne de ne plus imprimer des "articles subversifs" (apic/pr)