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    Surmonter les divisions aux racines historiques profondes

    Roumanie: unité orthodoxes-catholiques (171093)

    Sion, 17octobre(APIC) Dans la Roumanie de l’après communisme, la question

    de la recherche de l’unité des Eglises est particulièrement aiguë. Le Père

    Henri Wilhelm, vivant dans le pays depuis un an et demi, a cherché à comprendre les racines du problème. Il a présenté récemment quelques éléments

    d’explication lors de deux conférences en Valais.

    Une ouverture sans discernement à l’Occident et à sa mentalité "corrosive à l’égard de la foi", l’offensive des sectes toujours plus nombreuses et

    influentes, une foi réduite à une pratique figée, le désintérêt des jeunes,

    la méfiance à l’égard du clergé trop souvent inféodé aux communistes, sont

    autant d’éléments de la situation religieuse de la Roumanie.

    Les racines de ces comportements sont en grande partie historiques, relève le Père Wilhelm, dans un pays de vieille tradition chrétienne, puisqu’on fait remonter son évangélisation au IIIe et IVe siècles. La Roumanie

    passe sous domination hongroise au XIe siècle, puis sous occupation ottomane après 1453 et sous le régime austro-hongrois au XIXe siècle. Au XXe siècle, la Roumanie indépendante fut à nouveau sous occupation étrangère durant les deux guerres mondiales. L’installation du communisme en 1948 achève de rendre exsangue le pays et freine durablement l’essor culturel et

    économique amorcé au XIXe siècle.

    Cette histoire mouvementée a conduit souvent à assimiler culture et religion: un état d’esprit "destructeur" dont la Roumanie souffre encore aujourd’hui, précise le Père Wilhelm. Les conflits entre orthodoxes et catholiques - qui forment un peu plus de 10% de la population (rites byzantin et

    latin) - se focalisent sur la liturgie et la restitution des lieux de cultes confisqués lors de la suppression de l’Eglise gréco-catholique par Staline en 1948, et attribués à l’Eglise orthodoxe.

    La liturgie catholique est considérée comme bâtarde, trop pénétrée

    d’éléments latins, ce qui correspond à une immixtion de Rome dans les

    affaires de l’Eglise roumaine, estiment les orthodoxes.

    Une autre difficulté vient du fait, pour le conférencier, que les orthodoxes ont du mal à distinguer foi et religion, pratique et éléments essentiels de leur croyance. D’où des célébrations qui ne sont plus adaptées au

    monde moderne, sources de désaffection des églises. Il n’y a pas aujourd’hui en Roumanie de réelle volonté d’unité, constate le Père Wilhelm,

    convaincu cependant qu’elle se réalisera un jour.

    Le Père Wilhelm forme avec trois confères de la Communauté St-Jean la

    première communauté monastique catholique de Roumanie. Il enseigne la philosophie à l’institut catholique de Bucarest et est aumônier du mouvement

    scout naissant. (apic/id/mp)

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