Roumanie : un pasteur réformé de Transylvanie menacé de mort (091189)
Bruxelles, 9novembre(APIC) On craint pour la vie de Laszlo Tökes, pasteur
de l’Eglise réformée de Roumanie, réfugié depuis le 20 octobre avec sa femme et ses enfants dans l’église réformée de Timisoara (Tmesvar), en Transylvanie, où la nourriture et le nécessaire lui sont apportés, au prix de
risques énormes, par des fidèles de la paroisse.
Le pasteur Tökes, 37 ans, a recouru à cette extrémité aussitôt après
qu’un tribunal local eut ordonné son expulsion de son presbytère et sa
déportation. Son crime ? Avoir, dans une interview accordée à la télévision
hongroise le 24 juillet dernier, dénoncé le calvaire de la population
hongroise de Transylvanie suite au programme de "systématisation" menée
dans la région, où ont été détruits de nombreux villages habités par la
minorité hongroise de Roumanie, et les atteintes aux droits et aux libertés
dans le pays.
En août, le pasteur Tökes était interpellé à propos de cette interview,
tandis que plusieurs de ses paroissiens étaient soumis à des
interrogatoires et à d’autres formes d’intimidation. Le 14 septembre, on
retrouvait le cadavre du président du conseil paroissial, Erné Ujvarossy,
dans un forêt où il avait été battu à mort. Dès le lendemain, le pasteur
Tökes recevait des menaces de mort anonymes et les autorités faisaient
savoir que son église serait fermée s’il continuait à y exercer son
ministère. Les paroissiens répondirent par une pétition en sa faveur, munie
de 1’500 signatures. Craignant pour sa vie, le pasteur vit terré dans son
église avec sa famille depuis trois semaines.
Saisi de son cas, le synode de l’Eglise protestante Unie de Belgique a
décidé à l’unanimité d’adresser un message au président Ceaucescu, à
l’ambassadeur de Roumanie à Bruxelles et à l’évêque réformé Laszlo Papp,
leur demandant de lui permettre d’exprimer librement ses convictions et de
veiller à son intégrité physique. (apic/cip/bd)