Roumanie : un archevêque critique le ministre des cultes (130490)
Bucarest, 13avril(APIC) Mgr Ioan Robu, archevêque catholique romain de
Bucarest, a adressé une protestation écrite au ministre des cultes roumain
Nicolae Stoicescu concernant la critique que ce denier a émise suite à la
nominations de douze évêques roumains par le pape. Il reproche au ministre
d’avoir à cette occasion mal informé l’opinion publique, et cela en toute
connaissance de cause. Dans une déclaration, le ministre avait qualifié la
manière de faire du Saint-Siège pour la nomination de douze évêques catholiques romains et gréco-catholiques de "cas sans précédent non souhaité" et
considéré ces nominations, faites sans que l’Etat roumain ait été consulté,
comme une violation des principes du droit international.
Stoicescu avait souligné que d’après le Concordat conclu en 1927 entre
la Roumanie et le Saint-Siège, la mise sur pied de diocèses catholiques romains et gréco-catholiques en Roumanie ainsi que les nominations d’évêques
devraient être faites en accord avec l’Etat. L’Etat roumain avait supprimé
unilatéralement cette convention en 1948, mais l’Eglise catholique avait
subsisté, continuant à nommer des évêques en observant tacitement les dispositions du Concordat.
Maintenant le Vatican a érigé unilatéralement "de nouveaux diocèses" (en
fait, il s’agit de la remise sur pied des anciens diocèses -ajout de la
rédaction) et nommé de nouveaux évêques selon le ministre. Cette manière de
procéder pourrait grever les relations entre la Roumanie et le Saint-Siège
ainsi qu’entre l’Etat roumain et l’Eglise catholique. Le ministre des cultes a souhaité que le Vatican tienne compte du point de vue de la Roumanie
sur cette question et que l’on en arrive à une nouvelle convention sur la
reconnaissance des évêques nommés récemment.
Nominations épiscopales libres : l’assurance était donnée
Mgr Robu a rappelé les résultats de l’entretien de Mgr Francesco Colasuonno, nonce apostolique avec charge spéciale pour les pays de l’Est, avec
les responsables du "Front de défense nationale", en présence de Mgr Robu.
L’on avait alors assuré à Mgr Colasuonno "que l’on pouvait nommer de nouveaux évêques catholiques romains et gréco-catholiques sans aucune ingérence de la part du gouvernement". Les entretiens avaient également porté sur
"la nouvelle organisation de l’Eglise catholique des deux rites".
En février, deux émissaires du pape envoyés en Roumanie, Mgr del Mestre
et P. Bukovsky, avaient aussi, lors d’une visite au Ministère des cultes, comme l’écrit Mgr Robu - "discuté de la façon dont la préparation des
nominations des nouveaux évêques catholiques des deux rites devrait se
faire". "A cette occasion, vous avez affirmé, lorsque les émissaires vous
ont posé la question, rappelle Mgr Robu au ministre, que l’on pouvait commencer avec les nominations des nouveaux évêques".
"L’opinion publique manipulée"
Mgr Robu poursuit: "Etant donné les faits, il vaudrait la peine d’expliquer comment vous avez été amené à déclarer que les nominations d’évêques
par Jean Paul II avaient été faites sans l’accord préalable de l’Etat roumain". L’archevêque reproche au ministre d’avoir propagé "une contrevérité"
et "d’avoir induit en erreur l’opinion publique". Les affirmations de Stoicescu sur le pape et l’Eglise catholique étaient "dans le même ton que les
remarques du gouvernement communiste, qui s’est toujours servi d’expressions analogues pour parler du Saint-Père et et de l’Eglise catholique". Si
des médias occidentaux rapportent "que l’actuel gouvernement insinue
quelques doutes pour que l’on ne sache pas s’il est favorable à la liberté
totale en Roumanie", on pourra tenir les propos du ministre des cultes à
l’occasion des récentes nominations épiscopales comme un élément qui encourage cet état de choses, a relevé l’archevêque. (apic/kpr/ra/cor)